La Ligue Féministe de la République démocratique du Congo (LIFERDC) ne se résume pas à une nouvelle plateforme féministe. Derrière cette initiative lancée à Kinshasa se trouvent huit femmes issues de parcours différents, réunies autour d’un même objectif, celui de fédérer les énergies, défendre les droits des femmes et renforcer leur présence dans les espaces où se prennent les décisions.
Journalistes, communicatrices, entrepreneures sociales, militantes, expertes en genre, actrices humanitaires ou encore professionnelles de la cybersécurité, les cofondatrices entendent mettre leurs expériences respectives au service d’une dynamique commune, portée par le slogan « Lutter, mobiliser et transformer ».
Patricia Phanzu, de l’action humanitaire au leadership féminin
Chargée de la logistique de la LIFERDC, Patricia Phanzu est communicologue congolaise, actrice humanitaire et entrepreneure sociale. Elle est également présidente-fondatrice d’Amani Kwetu Fondation, active en République démocratique du Congo et en République centrafricaine dans les domaines des droits des femmes, de l’égalité de genre et du développement communautaire.
Sous son leadership, la fondation porte notamment l’Académie de Leadership Féminin destinée aux adolescentes ainsi que Maison Amani, un centre consacré à la prise en charge et au relèvement des survivantes de violences basées sur le genre.
Lors de la présentation de la Ligue, elle a insisté sur la volonté de réunir les femmes autour d’une ambition commune de faire progresser l’égalité et les droits des femmes.
Sarah Lotendo, entre engagement public et cybersécurité
Chargée des finances de la Ligue, Sarah Lotendo est engagée dans la vie publique congolaise et dans la défense des droits des femmes. Son combat porte notamment sur la sous-représentation féminine dans les instances de décision, mais aussi sur les violences numériques et le cyberharcèlement.
Formatrice en cybersécurité, elle mène des actions de sensibilisation contre les discours de haine, les violences fondées sur le genre et les risques auxquels les femmes sont exposées en ligne.
Présidente nationale de la Ligue des femmes du RUSEP, elle travaille également à la mobilisation et au renforcement des capacités des femmes dans la vie publique congolaise.
Agathe Ngomba, placer les femmes au centre de leur propre développement
À la gestion des projets de la LIFERDC, Agathe Ngomba apporte son expérience dans les questions de genre, de violences basées sur le genre et de masculinité positive.
Cofondatrice et présidente de Believe in Women’s Development (BWOD), elle est également coach professionnelle de vie et d’entreprise. Son action vise notamment l’autonomisation des filles et des femmes, le développement de la confiance en soi et de l’intelligence émotionnelle.
Sa démarche repose sur la conviction de permettre aux femmes et aux jeunes filles de connaître leurs droits, de croire en leur potentiel et de devenir actrices de leur propre développement.
Jeanette Amougou, lutter contre les violences et renforcer la participation
Chargée du secrétariat, Jeanette Amougou est militante féministe et engagée dans la promotion des droits des femmes et des filles ainsi que dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
Cofondatrice de la Fondation Mosungi et membre du G100 RDC, elle intervient également sur les questions liées aux VBG. Diplômée en administration des affaires, elle met ses compétences en développement institutionnel et en partenariats au service des droits des femmes, du soutien psychosocial et de la lutte contre les violences.
Son engagement vise à faire des femmes des actrices à part entière des décisions qui les concernent.
Richine Masengo, une voix pour un féminisme pluriel
Chargée des relations extérieures, Richine Masengo est journaliste et communicatrice, mais aussi professionnelle du développement durable et international.
Représentante pays de Cuso International en RDC, coordinatrice pays de REJEFEMAC, directrice exécutive de SantéSexuelle.cd et conseillère au conseil d’administration de Si Jeunesse Savait, elle évolue au croisement des questions d’égalité de genre, de droits humains, d’autonomisation et de santé sexuelle et reproductive.
À travers son parcours, elle défend un féminisme pluriel, inclusif et transformateur, en accord avec la diversité des expériences vécues par les femmes.
Do Nsoseme, quand l’art devient un outil de mobilisation
La communication de la LIFERDC est portée par Do Nsoseme, poétesse, slameuse, photographe et communicatrice congolaise.
Son travail artistique explore les réalités sociales congolaises, la résilience, l’identité et la paix, avec une attention particulière aux voix des femmes.
À travers l’art, la communication et la mobilisation citoyenne, elle entend contribuer à donner davantage de visibilité aux expériences, aux aspirations et au leadership des femmes.
Grâce Shako, porter la voix de la Ligue
Représentante de la LIFERDC, Grâce Shako est journaliste, communicatrice, coach en leadership et entrepreneure sociale.
Coordinatrice nationale de Leadership de la Femme des Médias (LFM), elle œuvre pour la visibilité, l’autonomisation et le leadership des femmes dans les médias. Ses initiatives et prises de parole visent notamment à renforcer la capacité des femmes et des jeunes à prendre la parole, à assumer leur leadership et à investir les espaces de décision.
« Nous ne venons pas de remplacer ce qui existe. Nous venons de fédérer les efforts », a-t-elle résumé lors du lancement de la Ligue.
Elsie Lotendo, de la mobilisation à la sécurité numérique
Chargée de la mobilisation de fonds, Elsie Lotendo est fondatrice et coordonnatrice du mouvement féministe BisoBasi Telema (BBT), créé en 2019 à Kinshasa pour promouvoir l’égalité des genres et les droits des femmes.
Ingénieure en maintenance informatique et réseaux, elle met également son expertise au service de la sécurité numérique. Elle forme notamment sur les questions de cyberharcèlement, de discours de haine et de violences fondées sur le genre en ligne.
Son engagement comprend également des campagnes contre la désinformation et les discriminations, avec une attention particulière à la réappropriation des espaces numériques par les jeunes femmes et les journalistes.
Huit profils, une plateforme commune
La diversité des parcours constitue l’une des caractéristiques de cette nouvelle Ligue. Les huits femmes viennent de secteurs différents, mais leurs engagements se croisent autour de plusieurs priorités entre autres égalité, leadership féminin, lutte contre les violences, justice sociale, participation citoyenne et autonomisation.
La LIFERDC entend ainsi s’appuyer sur cette complémentarité pour créer un espace où différentes sensibilités féministes peuvent se rencontrer. Sa démarche revendique l’inclusivité, la liberté d’expression et l’intersectionnalité, tout en inscrivant son action dans les réalités congolaises et dans le mouvement du féminisme africain.
Outre les titres et les fonctions, ces huit visages portent donc la même volonté de transformer les expériences individuelles et les combats déjà menés en une dynamique collective capable de peser davantage dans le débat public et dans la défense des droits des femmes en République démocratique du Congo.
Lutter. Mobiliser. Transformer. Pour la LIFERDC, ces trois verbes constituent désormais le fil conducteur d’un engagement porté par neuf parcours, mais destiné à rassembler bien au-delà de ses neuf cofondatrices.
Lydia Mangala


