À Kinshasa, la question de la gestion des droits d’auteur des artistes congolais continue de susciter des réactions dans le secteur culturel. Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, Michel Mutahali interpelle la Société congolaise des droits d’auteur et des droits voisins (SOCODA) ainsi que le ministère de la Culture sur la place prise par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM), société française, dans les échanges autour de la musique congolaise.
« Quand la SOCODA et le ministère de la Culture voient le nom de la SACEM “ekeyi ezongi” dans les conversations des artistes et des mélomanes congolais, ça ne leur dérange pas ? », s’interroge Michel Mutahali.
Au cœur de son intervention, une question qu’il estime mériter d’être posée : la musique congolaise est-elle davantage consommée en France qu’en République démocratique du Congo ?
La SACEM et la gestion des droits à l’étranger
Michel Mutahali apporte également une précision sur le fonctionnement de la SACEM. Selon lui, cette société française assure en priorité la collecte et la gestion des droits de ses affiliés sur le territoire français.
Pour la perception des droits en dehors de la France, la SACEM s’appuie sur des accords de représentation avec des sociétés de gestion collective présentes dans différents pays.
Dans le cas de la RDC, cette mission relève notamment de la SOCODA, qui intervient dans la gestion collective des droits des créateurs sur le territoire congolais.
Quel rôle pour la SOCODA en RDC ?
La déclaration de Michel Mutahali relance ainsi le débat sur l’efficacité du système de gestion des droits d’auteur en République démocratique du Congo, alors que les œuvres musicales congolaises bénéficient d’une importante diffusion, aussi bien sur le marché national qu’à l’international.
En mettant en parallèle la SACEM et la SOCODA, il invite surtout les acteurs du secteur culturel à s’interroger sur la capacité des mécanismes nationaux à assurer une collecte et une redistribution efficaces des droits générés par l’exploitation des œuvres musicales en RDC.
Une interrogation qui renvoie également à la nécessité de renforcer la transparence, la traçabilité et l’efficacité de la gestion collective des droits des artistes congolais, dans un contexte marqué par la forte circulation de leur musique sur les plateformes numériques et dans plusieurs marchés internationaux.
La question posée par Michel Mutahali reste donc au centre du débat : comment mieux assurer la protection et la rémunération des créateurs congolais, tant en RDC qu’à l’étranger ?
Joséphine Mawete


