À l’occasion de l’exercice de redevabilité marquant la première année du gouvernement Suminwa II, le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a présenté les principales réalisations de son ministère. Invité aux côtés de la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Emy Kutino, il s’est exprimé aux micros des journalistes de la RTNC Sandra Nyangi et Blaise Bokokia.
Au cœur de son intervention : la qualification de la main-d’œuvre congolaise et l’adéquation entre les formations et les besoins du marché de l’emploi.
Pour Marc Ekila Likombo, le principal défi de son ministère consiste à « repeupler le capital humain », c’est-à-dire renforcer les compétences et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée.

« Dans le milieu professionnel, chez les employeurs, on dit toujours : la main-d’œuvre congolaise n’est pas qualifiée. Sinon, on parle d’inadéquation entre l’emploi et la formation », a-t-il relevé.
Une politique nationale sur dix ans
Le ministre a indiqué que son département dispose désormais, pour la première fois depuis sa création, d’un document de politique nationale de formation professionnelle couvrant une période de dix ans.
Cette politique vise notamment à structurer les différents segments de la formation professionnelle et à mieux répondre aux besoins de l’économie nationale.
« Il faut professionnaliser les métiers. Et comment professionnaliser les métiers ? Il faut donner les outils », a expliqué Marc Ekila Likombo.
Cette stratégie s’inscrit, selon lui, dans la volonté des autorités de disposer d’une main-d’œuvre capable de répondre aux besoins du développement économique et social du pays.

« 145 territoires de la formation professionnelle »
Parmi les outils développés figure le document intitulé « 145 territoires de la formation professionnelle ». Celui-ci recense les métiers et les compétences à développer en fonction des réalités et des besoins de chaque territoire.
L’objectif est notamment de permettre aux jeunes de se former dans leurs milieux de vie et de favoriser leur insertion professionnelle localement.
Pour y parvenir, le ministère a lancé un programme de construction de centres publics de formation professionnelle à travers le pays, en complément des structures privées déjà existantes.
« Dans chaque territoire, nous identifions les compétences nécessaires pour accompagner le développement et permettre aux jeunes de rester sur place », a expliqué le ministre.
Davantage de Congolais dans le secteur minier
La question de la présence de la main-d’œuvre congolaise dans le secteur minier demeure également une priorité pour le ministère.
Marc Ekila Likombo a notamment évoqué le recours à une main-d’œuvre étrangère dans certaines activités minières, citant notamment des travailleurs originaires d’Afrique du Sud, du Zimbabwe et d’Éthiopie.
Dans le Lualaba, le ministère a travaillé avec HP et la commune de Dilala pour mettre en place le premier centre public moderne de formation professionnelle de l’État dans cette dynamique.
Le ministre a également expliqué avoir engagé un processus de rattachement à son administration de plusieurs centres de formation de qualité qui, jusque-là, fonctionnaient en dehors de la tutelle du ministère.
« Il y a des centres de formation appartenant à des sociétés minières qui bénéficient de l’agrément du ministère. Cela signifie que nous sommes désormais en mesure de suivre ce qui s’y passe, parce qu’ils doivent nous rendre compte et échanger des données avec nous », a-t-il indiqué.
Plus de 7 000 dépendants de militaires et policiers formés
Autre volet du bilan : la formation des dépendants des militaires et des policiers.
Selon le ministre, plus de 7 000 personnes ont déjà bénéficié de formations dans le cadre de cette initiative, déployée à travers plusieurs provinces du pays.
Cette politique vise notamment à accompagner les familles des forces de défense et de sécurité, en reconnaissance du rôle joué par les militaires et les policiers dans la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.
Près de 800 jeunes accompagnés dans l’entrepreneuriat
Le ministère s’est également investi dans la formation et l’accompagnement des jeunes à l’entrepreneuriat.
Dans le cadre du dispositif lié au futur centre de Mombele, environ 800 jeunes ont déjà été accompagnés. Pour Marc Ekila Likombo, cette démarche marque une évolution du modèle de formation professionnelle, qui ne doit plus se limiter à la transmission des connaissances, mais également favoriser l’insertion et l’accompagnement des bénéficiaires.
Certifier les compétences acquises
Le ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité de mieux valoriser les compétences déjà détenues par les Congolais.
Selon lui, le problème du marché de l’emploi en RDC ne réside pas uniquement dans l’absence de compétences, mais aussi dans l’absence de certification permettant aux travailleurs de faire reconnaître officiellement leur savoir-faire.
« Le problème, en République démocratique du Congo, n’est pas l’absence de compétences, mais la certification de ces compétences », a-t-il affirmé.
Plus de 22 000 personnes engagées dans la validation des acquis
Pour répondre à cette problématique, le ministère a mis en place un mécanisme de valorisation des acquis de l’expérience.
Ce dispositif permet notamment aux personnes ayant appris un métier sur le terrain, sans avoir suivi un cursus classique de formation, de faire reconnaître officiellement leurs compétences.
Des jurys de validation ont ainsi été mis en place avec la participation des représentants des employeurs, notamment de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et de l’Association nationale des entreprises du portefeuille (ANEP).
« C’est vous qui nous posez le problème de l’absence de compétences, c’est donc à vous de venir les apprécier », a expliqué le ministre à propos du rôle confié aux employeurs.
Selon lui, plus de 22 000 personnes se sont déjà inscrites dans ce processus de valorisation des acquis de l’expérience.
Une académie dédiée aux métiers portuaires à Matadi
Enfin, Marc Ekila Likombo a annoncé le développement d’un nouveau modèle de formation reposant sur la création d’académies et d’écoles technologiques spécialisées.
Ces structures sont destinées à prendre en charge des domaines d’avenir tels que le numérique, l’intelligence artificielle, l’ingénierie, l’informatique, la transition écologique et les métiers verts.
Une première expérience est déjà en cours à Matadi, où une académie consacrée aux métiers portuaires a été lancée avec un partenaire du secteur.
Plus de 40 jeunes, de niveau G3, ont intégré cette première cohorte pour être formés aux métiers liés aux activités portuaires et maritimes.
À travers ces différentes initiatives, le ministère de la Formation professionnelle entend ainsi rapprocher les compétences des besoins du marché, renforcer l’employabilité des jeunes et contribuer à la constitution d’un capital humain capable de soutenir les ambitions économiques de la République démocratique du Congo.
Joséphine Mawete


