La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a officiellement ouvert ce lundi 17 août 2026, au centre catholique Nganda, un atelier consacré au renforcement des capacités des directeurs provinciaux de la Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE).
Ces assises placent au centre des échanges la maîtrise des effectifs, la fiabilité des données administratives, la préparation de la paie, le contrôle des mouvements du personnel et la modernisation des méthodes de travail au sein de cette structure stratégique du ministère.
Dans son discours, Raïssa Malu Dinanga a rappelé que la DINACOPE se trouve au cœur de la gestion des effectifs et de la paie des enseignants. Elle a salué les premiers résultats enregistrés dans l’assainissement du fichier, notamment la correction de plusieurs anomalies et la restauration des droits de certains enseignants. En mars dernier, le directeur national de la DINACOPE, Vital Lumbala Kadiata, avait notamment annoncé le rétablissement dans leurs droits de plus de 1 225 enseignants de Kinshasa-Lukunga, sous-payés depuis plusieurs mois.
La ministre a résumé l’exigence de fiabilité autour de quatre questions : « Qui travaille ? Où ? À quel titre ? Et pour quelle rémunération ? » Une approche destinée à mieux maîtriser les effectifs et la masse salariale, mais aussi à éviter que des erreurs administratives n’aient des conséquences directes sur la rémunération des enseignants.
Elle a également insisté sur la nécessité de distinguer clairement les différentes catégories de personnel.

« Un enseignant est un enseignant. Un agent administratif est un agent administratif », a-t-elle distingué.
Pour la ministre, cette distinction doit être respectée dans les statistiques, les analyses et la gestion des effectifs.
Les recommandations doivent désormais déboucher sur des résultats concrets

Le secrétaire général au ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Juvénal Sanga Kaubo, a, pour sa part, appelé les directeurs provinciaux à renforcer la discipline administrative, la transparence et la redevabilité.
Il a notamment insisté sur une meilleure maîtrise des effectifs organiques, le respect de la chaîne hiérarchique, la fiabilisation des informations ainsi que l’amélioration du contrôle et de la préparation de la paie.

« Je ne veux pas que cet atelier soit un atelier de plus, avec des présentations, des échanges et, au terme des travaux, un rapport qui sera classé dans une armoire », a-t-il averti.
Le secrétaire général souhaite que les travaux débouchent sur une feuille de route concrète permettant d’identifier les dysfonctionnements, leurs causes, les responsabilités et les mesures correctives à appliquer.
Six dossiers sur dix remontés au Secrétariat général concernent la DINACOPE
Juvénal Sanga Kaubo a également livré un chiffre destiné à interpeller les responsables provinciaux. Selon lui, six dossiers sur dix qui remontent régulièrement à son niveau sont liés à la DINACOPE.
« Mon objectif n’est évidemment pas que tous les problèmes remontent jusqu’au Secrétariat général. Mon objectif est précisément qu’ils soient réglés au niveau approprié », a-t-il déclaré.

Il a ainsi appelé les directeurs provinciaux à renforcer la vigilance, la transparence et la célérité afin que les difficultés soient traitées au niveau où elles apparaissent, sans attendre systématiquement une intervention de la hiérarchie nationale.
Vital Lumbala veut accélérer la modernisation de la DINACOPE
Prenant la parole à son tour, le directeur national de la DINACOPE, Vital Lumbala Kadiata, a insisté sur la nécessité de consolider la réforme de gouvernance de la structure et d’en faire une administration davantage orientée vers les résultats.
Il a notamment mis l’accent sur la transformation numérique, l’automatisation de certaines procédures, la fiabilisation des données et l’amélioration de la circulation de l’information entre les directions provinciales et la direction nationale.

« Nous ne pouvons plus traîner une administration du XXIᵉ siècle avec des pratiques appartenant au passé », a-t-il martelé.
Cette dynamique s’inscrit dans les efforts d’assainissement déjà engagés au sein de la DINACOPE. Dans un communiqué officiel publié en mars, Vital Lumbala Kadiata avait annoncé la poursuite de l’audit interne du fichier de paie ainsi que la volonté de garantir une gestion plus transparente et équitable de la rémunération des enseignants.
Au terme de cet atelier, l’objectif affiché est donc de faire émerger une DINACOPE plus rigoureuse, plus transparente et plus réactive, capable d’anticiper les anomalies plutôt que de simplement les corriger.
Pour les responsables de l’Éducation nationale, l’enjeu dépasse ainsi la simple gestion administrative. Derrière chaque donnée enregistrée, chaque dossier traité et chaque opération de paie se trouvent un enseignant, une famille et, au-delà, la qualité du système éducatif congolais.
Ben Mandjolo


