Le maintien de la stabilité des prix des carburants en RDC a un coût pour l’État et les opérateurs du secteur pétrolier. Les travaux de certification des Pertes et Manques à Gagner (PMAG), menés les 13 et 14 août 2026 par le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers, ont permis d’établir à 146,72 millions de dollars le montant total enregistré au deuxième trimestre de l’exercice 2026.
Ces travaux ont concerné les quatre grandes zones d’approvisionnement du pays entre autres Ouest, Sud, Est et Nord. Ils interviennent alors que le marché international des hydrocarbures connaît de fortes tensions, notamment en raison de la crise dans le Golfe persique, qui a entraîné une hausse importante des prix des produits pétroliers.
La répartition des montants certifiés fait apparaître d’importantes disparités entre les différentes zones de consommation.
Les zones Ouest et Nord affichent le montant le plus élevé, avec 110 427 792,32 dollars américains de pertes et manques à gagner. Elles représentent ainsi la majeure partie du montant global certifié pour le deuxième trimestre.
La zone Sud arrive en deuxième position avec 31 188 382,63 dollars américains, tandis que la zone Est enregistre 5 107 737 dollars américains.
Au total, ces différents montants portent les PMAG certifiés à 146 723 912,42 dollars américains pour l’ensemble du territoire national.
Cette certification constitue une étape importante dans le mécanisme de compensation lié à la politique de stabilisation des prix des produits pétroliers. Elle permet notamment d’établir, sur la base des données du secteur, les écarts entre les coûts réels d’approvisionnement et les prix maintenus à la pompe.
Ces chiffres prennent tout leur sens dans le contexte international qui prévaut au cours de cette période. La hausse des cours des produits pétroliers exerce une pression directe sur les coûts d’importation et, par conséquent, sur les prix susceptibles d’être appliqués aux consommateurs.
Face à cette situation, le Gouvernement congolais a choisi de maintenir la stabilité des prix à la pompe afin d’éviter que l’augmentation des coûts internationaux ne soit immédiatement répercutée sur les consommateurs.
Cette politique répond à un objectif essentiellement économique et social : limiter l’impact de la hausse des carburants sur le pouvoir d’achat des ménages, mais également contenir les effets indirects sur les prix du transport, des biens de consommation et des activités économiques.
Dans une économie où le transport routier joue un rôle majeur dans l’acheminement des marchandises et des personnes, une hausse importante du carburant peut rapidement se répercuter sur l’ensemble de la chaîne des prix.
Le maintien du prix à la pompe constitue donc un mécanisme de protection contre un éventuel effet domino sur l’économie nationale.
Derrière le montant certifié par le CSPPP se trouve ainsi un arbitrage économique d’absorber une partie du choc extérieur plutôt que de le transférer directement aux consommateurs.
Les 146,72 millions de dollars de PMAG montrent toutefois l’ampleur de l’effort nécessaire pour maintenir cette stabilité dans un environnement international défavorable.
La question des compensations devient dès lors centrale. La certification des PMAG permet de déterminer les montants reconnus aux sociétés pétrolières au titre des écarts générés par le mécanisme de stabilisation.
Elle constitue également un instrument de suivi permettant aux autorités de disposer d’une meilleure visibilité sur les coûts liés à la politique des prix des produits pétroliers.
L’évolution des prix des carburants concerne directement le quotidien des Congolais. Une augmentation significative du prix à la pompe pourrait avoir des conséquences sur les tarifs de transport et, par ricochet, sur le coût des produits alimentaires et des autres biens essentiels.
Dans ce contexte, la décision de maintenir les prix vise à préserver autant que possible la stabilité du pouvoir d’achat.
Mais elle pose également la question de la soutenabilité financière d’un tel mécanisme lorsque les tensions internationales persistent. Plus l’écart entre le coût réel des produits pétroliers et leur prix de vente est important, plus le montant des pertes et manques à gagner à compenser augmente.
Le montant de 146,7 millions de dollars certifié pour le seul deuxième trimestre 2026 donne ainsi une indication de l’effort financier associé à cette politique.
La certification des PMAG du deuxième trimestre intervient donc à la croisée de deux impératifs, entre protéger les consommateurs contre les fluctuations brutales du marché international et préserver l’équilibre économique des entreprises pétrolières.
Pour le Gouvernement, l’enjeu consiste désormais à maintenir cet équilibre tout en surveillant l’évolution des cours internationaux et l’impact réel de cette politique sur les finances publiques.
Avec 110,4 millions USD pour les zones Ouest et Nord, 31,18 millions USD pour le Sud et 5,1 millions USD pour l’Est, le total de 146,72 millions USD certifié par le CSPPP révèle surtout le prix de la stabilité à la pompe. Une stabilité qui vise à protéger les ménages, mais qui nécessite parallèlement un mécanisme rigoureux de suivi et de compensation dans un marché pétrolier international toujours sous pression.
Lydia Mangala


