Un an après sa prise de fonctions à la tête du ministère des Mines, Louis Watum Kabamba revendique un bilan articulé autour de six priorités entrée autres améliorer la gouvernance du secteur, lutter contre la fraude et la contrebande, formaliser l’exploitation minière artisanale, renforcer la redistribution des revenus miniers, intensifier l’exploration géologique et préparer de nouveaux projets structurants.
Nommé ministre des Mines le 8 août 2025 et entré officiellement en fonction après la remise et reprise du 13 août, Louis Watum Kabamba a placé son action dans le cadre de la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi et du programme d’action du Gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Sur le volet de la gouvernance, le ministère met notamment en avant la mise en place du Data Warehouse sectoriel, destiné à centraliser et digitaliser progressivement les contrats, études de faisabilité, statistiques minières, registres des opérateurs et autres documents stratégiques du secteur.
Le contrôle des opérateurs a également été renforcé. Trente-six entités de traitement du cuivre et du cobalt ont été contrôlées dans le Lualaba et le Haut-Katanga. Selon le bilan présenté, aucune n’a été jugée pleinement conforme aux exigences légales et réglementaires.
La modernisation du secteur s’est également poursuivie avec l’inauguration du nouveau laboratoire du Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification (CEEC), ainsi que le renforcement de sa présence internationale.
Par ailleurs, la RDC a enregistré une avancée dans la diversification de son potentiel minier avec la production annoncée de lithium et l’inauguration, à Kalemie, d’une raffinerie pilote d’or d’une capacité de 600 kilogrammes d’or raffiné par an.
La deuxième priorité concerne la lutte contre la fraude et la contrebande minières. Des opérations menées notamment à Mwenga, Shabunda, dans le Haut-Uélé, ainsi qu’à Aru et Mahagi en Ituri, ont conduit à la suspension d’activités considérées comme illicites, à des arrestations et à des saisies de matériel.
La Commission nationale de lutte contre la fraude minière a par ailleurs été opérationnalisée par l’arrêté n°00237-2026 du 3 avril 2026.
Dans le secteur aurifère artisanal, 2,851 tonnes d’or ont été captées en 2025, pour une valeur annoncée de 281,8 millions de dollars. Un chiffre présenté comme un indicateur des efforts visant à mieux contrôler et formaliser les circuits de production et de commercialisation.
Le ministère entend également améliorer les conditions de travail et la protection sociale des exploitants artisanaux. Un régime d’assurance obligatoire de protection de groupe a notamment été instauré, avec une prime annoncée de 54 dollars par assuré et des indemnités pouvant atteindre 3 000 dollars en cas de décès ou d’invalidité.
La viabilisation des zones d’exploitation artisanale se poursuit avec 33 zones dans le Lualaba et 31 dans le Haut-Katanga. À Kolwezi, la zone d’exploitation artisanale du cobalt de Kassoulou est présentée comme opérationnelle.
Le gouvernement mise également sur la traçabilité et l’approvisionnement responsable, à travers des partenariats avec plusieurs acteurs du secteur.
La redistribution des retombées de l’exploitation minière constitue le quatrième axe du bilan.
Depuis 2019, 349,2 millions de dollars ont été collectés auprès de 44 sociétés minières au titre des mécanismes destinés au développement communautaire. Au total, 46 organismes spécialisés ont été mis en place et 521 projets prioritaires approuvés, dont 335 déjà réalisés et 186 en cours d’exécution.
Ces investissements se traduisent notamment par 80 écoles, 65 centres de santé, 62 projets d’accès à l’eau potable et à l’énergie, 28 projets agropastoraux, 47 projets socioculturels et 52 infrastructures routières.
Le bilan fait également état de 1 221 emplois créés dans le cadre de ces projets.
Les cahiers des charges des entreprises minières représentent, pour leur part, 360,1 millions de dollars, soit une progression annoncée de 12,4 % par rapport à 2024.
Le ministère veut parallèlement renforcer la capacité de la RDC à connaître son propre potentiel géologique.
Plusieurs partenariats ont ainsi été engagés, notamment avec la Chine, qui a permis l’octroi de 100 bourses d’études, et avec JOGMEC, dans le cadre duquel 114 agents de l’État, dont cinq formateurs, ont été formés.
La coopération avec le BRGM se poursuit également autour du projet Panaf Géoplus Invest, tandis que d’autres initiatives portent sur la télédétection satellitaire, les données géospatiales et l’intelligence artificielle.
Un contrat de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national a également été signé avec Excalibur, avec la participation de géologues congolais.
Le Gouvernement a par ailleurs engagé le processus de récupération des données géologiques congolaises conservées au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren.
La sixième priorité porte sur le développement de projets miniers structurants. Parmi eux figure le projet Mifor, dans la Grande-Orientale, dont le potentiel est estimé entre 15 et 20 milliards de tonnes de minerai de fer à haute teneur. L’investissement annoncé atteint 28,9 milliards de dollars, avec une production initiale projetée à 50 millions de tonnes par an et une capacité pouvant progressivement atteindre 300 millions de tonnes.
Dans le Kongo-Central, le projet de manganèse de Luosi doit contribuer à diversifier la production minière et à soutenir l’industrialisation locale.
Le projet MIKA, lancé le 25 juin 2026 à Miabi, dans le Kasaï-Oriental, constitue également l’une des initiatives mises en avant dans cette stratégie de développement de nouveaux gisements.
Le bilan met en avant une volonté de valoriser les compétences nationales. Cette orientation s’est notamment illustrée à travers le Prix d’Excellence Buhania, destiné à récompenser des talents ayant développé des réflexions autour des six priorités du secteur minier.
Louis Watum Kabamba a également porté les dossiers miniers congolais dans plusieurs grands rendez-vous internationaux, notamment à Mining Indaba, Davos et PDAC.
Au terme de cette première année, le ministère présente donc un secteur minier engagé dans une phase de restructuration avec 349,2 millions de dollars mobilisés pour les communautés, 521 projets approuvés, 2,851 tonnes d’or artisanal captées, 1 221 emplois créés, 100 bourses d’études et 114 agents formés figurent parmi les principaux chiffres avancés.
Il s’agit désormais pour la RDC de mieux connaître son sous-sol, renforcer le contrôle de ses chaînes de valeur, attirer des investissements, développer les compétences nationales et surtout transformer davantage la richesse minière en emplois, infrastructures et opportunités pour les Congolais.
Lydia Mangala


