À Beni, dans le Nord-Kivu, le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) poursuit la concrétisation de son programme de réparations sur le terrain. Conduite par son directeur général, Patrick Fata Makunga, une délégation de l’institution séjourne dans la région depuis le 12 août 2026 pour évaluer les projets en cours et renforcer l’assistance aux victimes et aux communautés affectées par les violences.
Reçue au gouvernorat par le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Louis Segond Karawa, la délégation a échangé avec les autorités provinciales sur l’état d’avancement des programmes de réparation et les besoins prioritaires des populations affectées.
L’une des principales actions de cette mission concerne le secteur de la santé. À l’Hôpital général de référence de Beni, le FONAREV et ses partenaires ont procédé à la remise symbolique de 9 tonnes de kits de santé reproductive, comprenant notamment des médicaments et des équipements médicaux destinés à renforcer les capacités des structures sanitaires.
Cette dotation doit bénéficier aux zones de santé de Beni, Oicha, Lubero, Butembo et Musienene, avec une attention particulière portée à la prise en charge des femmes et des survivantes de violences sexuelles liées aux conflits.
À Oicha, une ambulance médicalisée a également été remise à l’Hôpital général de référence. Elle doit faciliter le transport sécurisé des patients nécessitant une prise en charge spécialisée, notamment les femmes confrontées à des complications médicales.
Pour le FONAREV, ces interventions constituent des mesures urgentes destinées à répondre aux besoins des communautés, alors même que le processus d’identification formelle des victimes se poursuit dans certaines zones.
La mission ne s’est pas limitée au secteur sanitaire. La délégation a également inspecté plusieurs projets réalisés ou en cours dans le cadre des réparations collectives.
À l’École primaire Mapendano, dans le quartier Kanzuli, elle a constaté l’évolution du chantier de construction de six nouvelles salles de classe, destinées à améliorer les conditions d’apprentissage des enfants de la communauté.
La délégation s’est également rendue sur le chantier du marché communautaire de Ngongolio, dans la commune de Mulekera. Cette infrastructure doit notamment offrir un espace d’activités économiques aux femmes victimes ayant bénéficié de kits pour développer des activités génératrices de revenus.

Ces réalisations s’inscrivent dans une approche de réparation qui ne se limite pas à l’assistance individuelle, mais cherche également à renforcer l’accès des communautés affectées aux services essentiels et aux opportunités de relèvement socio-économique.
La mission vise également à renforcer la coordination de la réponse aux victimes. Le FONAREV évalue notamment le programme conjoint mis en œuvre avec plusieurs agences des Nations unies et des organisations locales, couvrant la prise en charge médicale, l’accompagnement juridique et judiciaire ainsi que le relèvement socio-économique.

Pour Patrick Fata Makunga, la présence sur le terrain doit permettre de vérifier concrètement l’impact des interventions et de répondre aux besoins encore urgents des populations.
« L’État ne vous a pas oubliées. FONAREV est la manifestation de la volonté politique exprimée au plus haut niveau », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de l’État à accompagner les victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes graves.

Le FONAREV prévoit par ailleurs de renforcer sa présence à Beni à travers l’installation prochaine d’un bureau, afin de rapprocher davantage les mécanismes de réparation des communautés et d’assurer un suivi plus régulier des victimes.
Après Uvira, cette étape à Beni marque ainsi une nouvelle séquence de l’itinérance du FONAREV. De la santé aux infrastructures scolaires, en passant par les activités économiques et l’accompagnement des victimes, l’institution cherche à transformer les réparations en réalisations visibles et directement utiles aux communautés affectées.
Lydia Mangala


