La 4ᵉ édition du Forum du Génie Scientifique Congolais (FGSC) s’est ouverte mardi 11 août 2026 à Kinshasa avec l’ambition de transformer le potentiel scientifique congolais en solutions concrètes pour l’économie et la société. À cette occasion, le Gouvernement a annoncé son objectif de porter progressivement le financement de la recherche scientifique à plus de 3 % du budget national.
Représentant le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a officiellement donné le coup d’envoi de cette édition au sein de l’Institut National des Arts (INA). Placé sous le haut patronage du Chef de l’État et porté par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, le forum met à l’honneur les chercheurs, inventeurs et innovateurs congolais.
L’un des principaux chiffres de cette édition concerne les innovations présentées dans le cadre du forum. 305 projets ont été identifiés et soumis au processus d’évaluation, dont 265 ont finalement été retenus, après avoir obtenu une note supérieure à 50 %.
Ces innovations touchent plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour le développement de la RDC. Il s’agit notamment de la transformation locale des ressources naturelles, de l’agriculture intelligente, de la sécurité alimentaire, de la transition énergétique, des technologies propres, de la biodiversité, du numérique et de l’intelligence artificielle.
Pour le Gouvernement, cette diversité témoigne du potentiel dont dispose le pays et de la capacité des chercheurs et innovateurs congolais à proposer des réponses adaptées aux réalités locales.
« Vous êtes la preuve vivante, vibrante et incontestable que le génie congolais existe », a lancé Judith Suminwa aux inventeurs et innovateurs réunis à Kinshasa.
Le FGSC 2026 a également servi de cadre pour réaffirmer l’engagement de l’État en faveur du financement de la recherche scientifique.

La Première ministre a annoncé la volonté du Gouvernement de porter progressivement le financement de la recherche scientifique à plus de 3 % du budget national, conformément aux orientations du Président de la République.
Pour Judith Suminwa, cette ambition doit toutefois dépasser les annonces et se traduire concrètement dans les allocations budgétaires et surtout dans les décaissements effectifs.
« Le Président de la République nous a instruits de porter progressivement le financement de la recherche scientifique à plus de 3 % du budget national. Cet engagement doit désormais se traduire dans les allocations budgétaires et les décaissements », a-t-elle déclaré.

L’objectif est de donner aux chercheurs les moyens de travailler sur des solutions dans des domaines essentiels tels que la santé, l’agriculture, l’industrie, les infrastructures, l’environnement et les nouvelles technologies.
Pour le Gouvernement, l’enjeu n’est plus seulement de produire des connaissances dans les laboratoires ou les universités. Il s’agit désormais de créer des passerelles entre la recherche, l’industrie et le secteur privé afin que les inventions congolaises puissent devenir des produits, des entreprises et des emplois.
La Première ministre a ainsi appelé les chercheurs, les universités, les centres de recherche et les partenaires à renforcer leur collaboration pour permettre aux innovations locales d’atteindre le marché.
Cette orientation vise également à réduire progressivement la dépendance technologique de la RDC vis-à-vis de l’extérieur. Le pays veut passer d’un simple consommateur de technologies étrangères à un acteur capable de concevoir et de produire ses propres solutions.
De son côté, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, Marie-Thérèse Sombo, a insisté sur la nécessité de rapprocher davantage la recherche des besoins réels de la population et de l’économie.
Pour la ministre, la RDC doit construire un modèle économique davantage fondé sur la connaissance, la transformation et l’innovation, tout en valorisant les compétences nationales.
« Nous voulons une science utile, intègre, éthique et inclusive », a-t-elle souligné.

Cette vision rejoint l’objectif du FGSC de faire de la recherche scientifique un outil directement connecté aux défis du quotidien et aux priorités du développement national.
Pour Judith Suminwa, le Forum du Génie Scientifique Congolais ne doit plus être considéré comme un simple rendez-vous annuel ou une cérémonie de présentation des inventions.
« Le Forum du génie scientifique congolais constitue désormais un rendez-vous incontournable pour le Gouvernement, bien plus qu’un acte protocolaire. C’est un acte de foi envers l’avenir de notre Nation, par la science, par l’innovation », a-t-elle affirmé.

La Cheffe du Gouvernement souhaite ainsi voir le FGSC se pérenniser et disposer, à terme, d’une ligne budgétaire spécifique.
Le Gouvernement entend donc poser les bases d’un écosystème où les 265 innovations retenues ne restent pas uniquement des prototypes, mais puissent progressivement devenir des solutions industrielles, des activités économiques et des sources d’emplois.
Pour la RDC, le défi est désormais de transformer ces chiffres en résultats visibles entre autres financer la recherche, accompagner les inventeurs, protéger les innovations et surtout créer les conditions permettant au génie scientifique congolais de contribuer directement à la transformation du pays.
Lydia Mangala


