Un an après sa prise de fonctions, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, dresse un premier bilan marqué par des réformes institutionnelles, la relance d’infrastructures existantes et plusieurs investissements destinés à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’électricité en République démocratique du Congo.
Nommé à la tête de ce ministère le 13 août 2025, Aimé Molendo Sakombi affirme avoir voulu conjuguer les réponses aux urgences quotidiennes avec des réformes capables de produire des résultats sur le long terme.
Le bilan présenté met notamment en avant 16 centrales rurales remises en service, une capacité de production d’eau à Kinshasa appelée à atteindre 330 000 m³ par jour, ainsi qu’un plan d’urgence de 91,89 millions de dollars destiné à renforcer le réseau électrique de la capitale.
Dans le secteur de l’électricité, l’un des premiers chantiers a consisté à rendre opérationnelles des infrastructures déjà construites.
Sur les 22 centrales rurales financées par l’État à travers l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), mais restées jusque-là inexploitées, 16 ont été mises en service à titre transitoire en décembre 2025.
Pour le ministère, cette démarche répond à une logique simple selon laquelle avant de construire de nouvelles infrastructures, il fallait également permettre aux ouvrages déjà financés par l’État de produire effectivement de l’électricité.
Le gouvernement a également poursuivi plusieurs grands projets hydroélectriques, notamment Kakobola, désormais inauguré, et Katende, pour lequel un dispositif de sécurisation institutionnelle et financière a été mis en place en vue de la reprise progressive des travaux.
Dans la capitale, où les coupures d’électricité et les difficultés du réseau restent une préoccupation majeure, un plan d’urgence de 91,89 millions de dollars a été lancé avec la Société nationale d’électricité (SNEL).
Ce programme vise notamment à raccorder des zones encore non desservies, réparer les pannes sur le réseau moyenne tension, sécuriser des sites stratégiques comme les hôpitaux, les aéroports et certaines institutions, mais aussi renforcer les lignes électriques les plus critiques.
Le ministère présente ce plan comme une réponse immédiate aux difficultés rencontrées quotidiennement par les ménages et les activités économiques de Kinshasa.
À l’échelle nationale, le taux d’accès à l’électricité est passé de 9 % en 2018 à 21,5 % en 2025. Malgré cette progression, le gouvernement reconnaît que le déficit reste considérable.
La situation est particulièrement préoccupante dans le Lualaba et le Haut-Katanga, où le déficit électrique dépasse 2 000 MW, alors que ces provinces concentrent une importante activité minière et industrielle.
Dans le secteur de l’eau, l’un des principaux projets concerne l’augmentation de la capacité de production de la REGIDESO à Kinshasa.
Le programme approuvé par le Conseil des ministres prévoit l’achèvement et la mise en service des modules 2 et 3 de l’usine de traitement d’eau à l’ozone. Avec le premier module, la capacité totale devrait atteindre 330 000 m³ d’eau par jour.
À terme, le projet devrait améliorer l’approvisionnement de plus de six millions d’habitants répartis dans dix communes de Kinshasa.
Le ministère travaille également à l’amélioration de la gouvernance du secteur avec la mise en place progressive de l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE). Le processus de recrutement de ses dirigeants a été engagé avec l’appui du projet AGREE de la Banque mondiale.
En provinces, les procédures d’attribution des marchés pour les systèmes d’alimentation en eau de Kananga et Tshikapa ont également été lancées.
Le ministère prépare également plusieurs projets destinés à augmenter durablement la capacité énergétique du pays.
Le projet Grand Inga, dont le potentiel est estimé à 44 000 MW, demeure au cœur de cette stratégie. La Banque mondiale a approuvé un financement de 250 millions de dollars pour la première phase du programme de développement d’Inga III.
En parallèle, le ministère mise sur Pioka-Tombe, dans la région des Cataractes, avec une capacité estimée à 6 450 MW. Un protocole d’accord portant sur la fourniture de 2 000 MW a notamment été signé avec la République du Congo le 26 février 2026.
L’objectif est de diversifier les sources de production et de ne pas faire reposer l’avenir énergétique du pays sur un seul grand projet.
Le bilan présenté ne se limite pas aux infrastructures physiques. Le ministère met également en avant la modernisation des services de la SNEL et de la REGIDESO.
La SNEL a poursuivi la numérisation des demandes de paiement liées aux raccordements et du traitement des plaintes. Du côté de la REGIDESO, des outils numériques sont progressivement introduits pour faciliter le relevé des compteurs, la facturation et le suivi des abonnés.
Une cartographie numérique doit également permettre de mieux suivre les réseaux, les incidents et les réclamations des usagers.
Le ministère estime que ces réformes doivent, à terme, réduire les déplacements des citoyens, simplifier les démarches et améliorer la qualité du service.
À l’heure du bilan, Aimé Molendo Sakombi se garde toutefois de présenter cette première année comme un aboutissement. Les chiffres montrent des avancées, mais aussi l’ampleur du travail qui reste à accomplir.
Le défi demeure notamment celui de transformer les projets annoncés en infrastructures effectivement opérationnelles, puis de garantir leur entretien dans la durée.
L’ambition est de faire progressivement de l’eau et de l’électricité des services accessibles au plus grand nombre, tout en renforçant leur rôle dans le développement économique et industriel du pays.
16 centrales relancées, 330 000 m³ d’eau par jour visés à Kinshasa, 91,89 millions USD pour l’urgence électrique et 250 millions USD mobilisés pour la première phase d’Inga III : le bilan de cette première année se veut donc avant tout orienté vers des résultats mesurables.
Pour le ministre,: il s’agit, à terme, de faire en sorte que l’eau au robinet et l’électricité dans les foyers deviennent une réalité quotidienne pour les Congolais, partout sur le territoire national.
Lydia Mangala


