Les blouses blanches de la médecine dentaire s’apprêtent à nouveau à faire entendre leur voix. Les médecins-dentistes annoncent un sit-in ce mardi 11 août 2026 devant l’Immeuble intelligent, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, pour dénoncer les disparités qu’ils disent subir dans leur rémunération et leurs avantages sociaux par rapport aux médecins généralistes.
Portée par le Syndicat des médecins-dentistes (SYMED), cette mobilisation vise principalement à interpeller le gouvernement et le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel-Roger Kamba, sur la situation socioprofessionnelle de cette catégorie de professionnels de santé.
La revendication n’est pas nouvelle. Les médecins-dentistes congolais dénoncent depuis plusieurs années des écarts dans le traitement salarial, notamment en ce qui concerne la prime de risque. En octobre 2025, l’Intersyndicale des médecins-dentistes avait déjà organisé un sit-in au Centre financier de Kinshasa pour réclamer leur intégration dans la paie complémentaire et un traitement équitable de leur dossier.
Cette nouvelle mobilisation intervient alors que le dossier du réajustement de leur prime de risque reste au centre des préoccupations syndicales. Des démarches avaient déjà été engagées auprès des autorités pour obtenir une harmonisation de leur traitement avec celui des médecins généralistes. En 2025, les organisations représentant les médecins-dentistes affirmaient notamment que leurs revendications étaient anciennes et avaient fait l’objet de plusieurs promesses.
Les professionnels de la médecine dentaire mettent en avant la reconnaissance de leur statut et de leurs responsabilités dans le système national de santé. Ils estiment que leur niveau de formation, leurs responsabilités médicales et la nature de leur travail devraient être pris en compte dans la définition de leurs conditions de rémunération et de leurs avantages sociaux.
Cette contestation s’inscrit dans une longue histoire de revendications. Déjà en 2021, des chirurgiens-dentistes s’étaient rassemblés devant l’Immeuble intelligent pour réclamer notamment la majoration et l’harmonisation de leur prime de risque ainsi que la régularisation de certaines situations administratives.
Quatre ans plus tard, la persistance de ces revendications traduit la frustration d’une profession qui estime ne pas bénéficier d’un traitement à la hauteur de ses responsabilités. Pour les représentants syndicaux, l’enjeu est désormais d’obtenir des réponses concrètes des autorités plutôt que de nouvelles promesses.
Le sit-in annoncé ce mardi apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans le bras de fer entre les médecins-dentistes et les autorités publiques. Ils espèrent remettre leur dossier au centre des priorités du gouvernement et obtenir des mesures susceptibles de mettre fin aux disparités dénoncées.
Cette situation pose également la question de la valorisation des différentes professions médicales en RDC. Alors que le pays cherche à renforcer son système de santé, les professionnels concernés estiment que l’amélioration de la qualité des soins passe aussi par des conditions de travail et de rémunération plus équitables.
Pour les médecins-dentistes, après plusieurs années d’attente et de démarches, ils veulent désormais voir leurs revendications franchir le cap des engagements pour déboucher sur des décisions concrètes.
Lydia Mangala


