La fraude des produits pétroliers à l’importation s’est retrouvée au cœur d’une réunion stratégique présidée lundi 10 août à Kinshasa par la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo. Face à l’ampleur du phénomène signalé dans plusieurs zones du pays, le Gouvernement entend renforcer les mécanismes de contrôle afin de mieux sécuriser le secteur pétrolier et les recettes publiques.
Réunie dans son cabinet de travail, la ministre d’État a échangé avec plusieurs acteurs impliqués dans la chaîne d’importation, de contrôle et de distribution des produits pétroliers. Les discussions ont porté principalement sur les mécanismes de fraude observés à l’entrée du territoire national, leur ampleur ainsi que les moyens de les endiguer.

Au cours de la réunion, un état des lieux de la situation a été présenté. Les participants ont notamment recensé différents cas et types de fraude constatés dans le secteur pétrolier.
Selon les éléments examinés au cours de cette rencontre, les zones Est et Sud de la République démocratique du Congo figurent parmi les espaces particulièrement concernés par ces pratiques.
Pour Acacia Bandubola, cette situation nécessite une réponse concertée des différentes administrations et structures intervenant dans le secteur. L’enjeu est notamment de renforcer la traçabilité des produits pétroliers et de garantir le respect des procédures applicables à leur importation.
Les échanges ont permis aux différents participants de présenter leurs observations et de formuler des recommandations destinées à améliorer les dispositifs de contrôle.
Olivier Okunda, directeur général adjoint de Cobil, René Kisala, directeur des huiles minérales à la Direction générale des douanes et accises (DGDA), ainsi que Gérard Mulimbi, directeur général de MAMO, ont souligné l’importance de cette concertation face à la persistance de la fraude.
Pour ces responsables, la mise en commun des informations et le renforcement de la collaboration entre les différents services constituent des leviers essentiels pour lutter efficacement contre les pratiques frauduleuses qui affectent le secteur.
La question dépasse en effet le seul cadre des hydrocarbures. La fraude à l’importation peut également avoir des répercussions sur les recettes de l’État, la concurrence entre opérateurs économiques et l’approvisionnement régulier des différentes provinces.
La réunion a rassemblé plusieurs administrations et structures concernées par la problématique. Des représentants des ministères de l’Économie nationale, des Finances et des Mines y ont pris part, aux côtés des représentants de la DGDA, du Fonds national d’entretien routier (FONER), de MAMO et de l’Office congolais de contrôle (OCC).
Les chefs de division des Hydrocarbures des provinces du Haut-Katanga et du Lualaba ont également participé aux échanges, apportant des informations issues du terrain.
Cette présence élargie a pour but de traiter la fraude pétrolière comme une problématique nécessitant une coordination entre plusieurs secteurs de l’administration publique.
La réunion a surtout permis d’examiner des recommandations susceptibles de renforcer le dispositif de lutte contre ces pratiques.
L’objectif est de parvenir à une meilleure maîtrise des flux de produits pétroliers importés, depuis leur entrée sur le territoire jusqu’à leur distribution sur les différents marchés.
Cette démarche intervient alors que le secteur pétrolier constitue un maillon important de l’économie nationale et que la sécurisation des recettes publiques demeure un enjeu majeur pour les pouvoirs publics.
En réunissant autour d’une même table les administrations concernées et les opérateurs du secteur, Acacia Bandubola Mbongo entend ainsi impulser une réponse plus coordonnée à la fraude pétrolière. La prochaine étape sera désormais de traduire les recommandations issues de cette réunion en mécanismes de contrôle plus efficaces sur le terrain.
Lydia Mangala


