La maladie à virus Ebola continue de circuler dans l’est et le nord-est de la République démocratique du Congo, malgré la mobilisation des équipes de riposte. Selon le point de situation publié le 9 août par l’Institut national de santé publique (INSP), l’épidémie touche désormais cinq provinces, 53 zones de santé et 246 aires de santé.
Au 8 août 2026, le cumul fait état de 4 294 cas confirmés, dont 1 960 décès, pour un taux de létalité de 45,6 %. Parallèlement, 849 personnes ont été déclarées guéries, tandis que 722 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés.
La transmission demeure active en Ituri, au Nord-Kivu et dans le Haut-Uélé, avec l’Ituri qui reste la province la plus touchée.
Dans cette province, 28 zones de santé sur 36 sont concernées, notamment Bunia, Drodro, Mambasa, Komanda, Mahagi, Aru, Boga et Mongbwalu.
Au Nord-Kivu, 12 zones de santé sur 34 sont affectées, parmi lesquelles Beni, Butembo, Goma, Oicha, Vuhovi, Mabalako et Lubero.
Le Haut-Uélé compte pour sa part 6 zones de santé touchées sur 13, tandis que la Tshopo en compte également 6 sur 23.
La situation apparaît en revanche plus stable au Sud-Kivu, où seule la zone de santé de Miti-Murhesa reste concernée. Aucun nouveau cas confirmé n’y a été enregistré depuis 73 jours.
Face à la persistance de la transmission, les équipes sanitaires maintiennent une surveillance épidémiologique renforcée dans les provinces affectées. Les alertes signalées font l’objet de vérifications afin d’identifier rapidement les cas suspects, de les investiguer et, lorsque cela est nécessaire, de les orienter vers les structures d’isolement ou de prise en charge.
Au Nord-Kivu, une mission conjointe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de la Division provinciale de la Santé s’est notamment rendue dans la zone de santé de Vuhovi. Cette mission vise à évaluer le fonctionnement de la coordination locale de la riposte et à renforcer ses capacités.
En Ituri, les équipes de riposte poursuivent également la prise en charge des personnes infectées. Plusieurs patients ont récemment été déclarés guéris après avoir obtenu deux résultats négatifs au virus Ebola.
Les opérations d’évacuation et de transfert vers les centres de traitement et de transit se poursuivent parallèlement afin de garantir une prise en charge rapide des personnes présentant des symptômes suspects ou confirmées positives.
Le bilan reste toutefois lourd avec 1 960 décès enregistrés parmi les cas confirmés, illustrant la gravité persistante de l’épidémie.
Les équipes multiplient les actions auprès des communautés. Des séances de sensibilisation sont organisées auprès des ménages, commerçants, conducteurs de motos-taxis et leaders communautaires.
Des visites à domicile permettent également de répondre aux préoccupations des populations, de combattre les rumeurs et de diffuser des informations sur les comportements à adopter face à la maladie.
Cette mobilisation vise notamment à favoriser l’identification précoce des cas suspects et leur orientation rapide vers les structures sanitaires.

Le taux global de suivi des contacts s’établit actuellement à 84,6 %. Cet indicateur demeure déterminant dans la stratégie de riposte, puisqu’il permet aux équipes sanitaires d’identifier rapidement les personnes ayant été exposées à un cas confirmé et de surveiller l’apparition éventuelle de symptômes.
Les autorités sanitaires rappellent néanmoins que les chiffres restent évolutifs et peuvent être réajustés après consolidation, validation et harmonisation des données provenant des provinces et des différents piliers de la riposte.
Alors que 73 jours sans nouveau cas confirmé sont désormais enregistrés au Sud-Kivu, la transmission reste active dans trois autres provinces. La riposte demeure donc mobilisée, avec un objectif central : interrompre les chaînes de transmission et réduire le nombre de décès liés à cette nouvelle flambée d’Ebola.
En cas de symptômes suspects, la population est invitée à appeler gratuitement le 151.
Lydia Mangala


