Kinshasa, 8 août 2026 – Le Gouvernement congolais poursuit la mise en œuvre de son premier Eurobond en affichant sa volonté de renforcer la transparence dans la gestion des ressources mobilisées sur les marchés financiers internationaux. Dans un communiqué publié le 7 août, le ministère des Finances dresse un premier état d’exécution des fonds déjà engagés et annonce l’accélération prochaine des décaissements au profit de plusieurs projets d’infrastructures stratégiques.
Selon ce document officiel, 137 894 270,17 dollars américains ont déjà été décaissés en faveur de projets considérés comme prioritaires, conformément aux engagements pris par le Gouvernement auprès des investisseurs lors de l’émission inaugurale de l’Eurobond.
La plus grande part de ces financements est destinée à la modernisation des aéroports internationaux de N’djili (Kinshasa) et de Luano (Lubumbashi), qui bénéficient d’un financement de 89 859 233,26 USD. Le reste, soit 48 035 036,90 USD, est affecté au projet intégré de la centrale hydroélectrique de Grand Katende, incluant les infrastructures de transport et de distribution de l’électricité vers Kananga, Mbuji-Mayi, Bukonde et Tshimbulu.
Une nouvelle phase de décaissements attendue
Le ministère des Finances indique que le processus de structuration technique et contractuelle des autres projets financés par l’Eurobond est désormais bien avancé. Cette évolution devrait permettre, dans les prochains jours, la signature des marchés et le lancement de nouveaux décaissements.
Plus de 200 millions de dollars américains devraient ainsi être mobilisés pour financer notamment la modernisation de la RN4 Kisangani-Beni ainsi que la construction de la Rocade Nord-Est de Kinshasa, plus connue sous l’appellation de Route du Fleuve, accompagnée de ses postes de péage.
Le Gouvernement prévoit également, avant la fin de l’année, de nouveaux décaissements estimés à au moins 300 millions USD pour poursuivre les travaux liés aux projets de Grand Katende et des aéroports de N’djili et Luano, traduisant la volonté d’accélérer la réalisation de ces infrastructures jugées stratégiques pour le développement du pays.
Une gestion placée sous le signe de la transparence
Au-delà des montants mobilisés, le Gouvernement insiste sur les mécanismes de contrôle mis en place afin de garantir une utilisation rigoureuse des ressources issues de l’Eurobond.
Le ministère précise que les décaissements sont réalisés sous un dispositif inédit impliquant des comptables publics affectés directement auprès des agences d’exécution, conformément aux recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Cette organisation vise à assurer une traçabilité complète des fonds, un reporting de qualité et un contrôle renforcé de leur utilisation.
Par ailleurs, les ressources sont conservées dans des comptes créditeurs générateurs d’intérêts, un mécanisme qui permet non seulement de sécuriser les financements, mais aussi de produire des revenus susceptibles de contribuer à réduire le coût des intérêts liés à l’émission obligataire.
« Les ressources sont exécutées avec la prise en charge des comptables publics, pour une meilleure traçabilité, et elles sont logées dans des comptes créditeurs générateurs d’intérêts pouvant aider à atténuer le coût des coupons à payer », souligne le communiqué.
Transformer les financements internationaux en infrastructures
À travers cette communication, le ministère des Finances affirme sa volonté de maintenir une information régulière sur l’utilisation des ressources mobilisées et de rassurer les investisseurs nationaux comme internationaux sur la gouvernance de cette opération financière historique.
L’objectif affiché est de convertir les financements levés sur les marchés internationaux en réalisations concrètes au bénéfice des populations : infrastructures routières, énergétiques et aéroportuaires capables de soutenir durablement la croissance économique, d’améliorer la connectivité du territoire et de renforcer les conditions de développement de la République démocratique du Congo.


Joséphine Mawete


