À l’occasion des 30 ans du début du génocide rwandais, Aimé Boji Sangara appelle à une réponse judiciaire internationale face aux décennies de violences qui ont marqué la République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée le mardi 4 août 2026, l’ancien ministre et acteur politique congolais réclame la mise en place d’un tribunal international chargé de juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis dans l’Est du pays.
Dans son message intitulé « Génocide 1 », Aimé Boji revient sur les conséquences des conflits qui ont suivi les événements de 1996 au Rwanda, estimant que la RDC a depuis lors été plongée dans une succession de guerres, de massacres, de déplacements forcés, de violences sexuelles et d’exploitation illégale de ses ressources naturelles.
« Depuis lors, la RDC n’a connu que guerres successives, massacres, déplacements massifs, violences sexuelles et pillage systématique de ses ressources », écrit-il, faisant référence au concept de GENOCOST (génocide congolais pour des gains économiques).
Évoquant plusieurs massacres commis dans l’Est du pays, notamment à Kasika et Makobola, Aimé Boji estime que les fosses communes découvertes au fil des années constituent des preuves d’une tragédie humaine ayant causé, selon lui, la mort de millions de Congolais.
« Une génération entière, aujourd’hui âgée de 30 ans, n’a connu que la guerre, les viols, les violences de toutes sortes et l’exil intérieur », déplore-t-il, appelant à briser le cycle de l’impunité.
Pour lui, la justice demeure une étape indispensable pour parvenir à une paix durable. Il soutient que l’établissement des responsabilités, la reconnaissance des victimes et la réparation doivent accompagner les efforts de pacification dans le pays.
« La création d’un Tribunal international chargé de juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis à l’Est de la RDC n’est plus une option : c’est une urgence et une exigence de justice », affirme-t-il.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les initiatives en faveur de la reconnaissance des souffrances subies par les populations victimes des conflits, notamment à travers la commémoration annuelle du GENOCOST et les actions de plaidoyer auprès des instances internationales.
Aimé Boji rejoint ainsi les voix qui réclament un mécanisme judiciaire spécifique pour établir les responsabilités liées aux violences qui ont endeuillé la RDC au cours des dernières décennies.
Lydia Mangala


