La deuxième édition du Concours Médias, Femmes, Paix et Sécurité a été officiellement lancée vendredi 17 juillet à Kinshasa, avec l’ambition de stimuler une couverture médiatique plus engagée sur les questions liées aux agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) en République démocratique du Congo.
Portée par le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), en collaboration avec ses partenaires, cette initiative cible les jeunes journalistes congolais de moins de 35 ans et vise à encourager la production de reportages, enquêtes et analyses capables de mettre en lumière le rôle des femmes et des jeunes dans les processus de paix.

Représentant le secrétariat général du ministère de la Communication et Médias, la directrice-cheffe de services des médias audiovisuels, Tina Likula, a insisté sur l’urgence de renforcer une information responsable dans un contexte marqué par les crises sécuritaires et humanitaires.
« En ce moment précis, notre pays traverse une crise sécuritaire et humanitaire profonde. Dans ce contexte, l’information n’est plus seulement un outil de communication, elle est devenue une arme », a-t-elle déclaré, alertant sur les effets de la désinformation dans la société.
Elle a encouragé les journalistes à dépasser les récits traditionnels pour donner davantage de visibilité aux voix souvent marginalisées.
« Devenez les voix de celles ou de ceux qu’on n’entend pas, documentez la résilience, analysez les mécanismes de résolution avec rigueur et sensibilité », a-t-elle lancé.

Le concours est ouvert aux productions journalistiques réalisées entre le 5 janvier et le 17 octobre 2026 autour des thématiques Femmes, Paix et Sécurité et Jeunesse, Paix et Sécurité. Les candidats sont invités à soumettre des articles de fond, reportages radio, télévision ou productions numériques mettant en avant des approches innovantes et sensibles aux enjeux de paix.
Prévu sur une durée de trois mois, du 17 juillet au 17 octobre 2026, il est ouvert aux jeunes journalistes de moins de 35 ans issus de six provinces notamment Kinshasa, le Kongo Central, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental, le Kwilu et le Bandundu.
Avant le lancement officiel de cette nouvelle édition, deux lauréats de la première édition ont partagé leurs expériences et l’impact de cette reconnaissance sur leur engagement journalistique.
Depuis Mbuji-Mayi, Ruth Biatshinyi, première lauréate de la première édition, a expliqué que cette distinction a renforcé sa responsabilité dans la promotion de l’image des femmes dans les médias.
« Depuis l’obtention de ce prix, je porte la responsabilité de porter haut la voix de la femme, de promouvoir les femmes et de les encourager à donner le meilleur d’elles-mêmes », a-t-elle témoigné.
Son parcours l’a notamment conduite à Beyrouth, au Liban, où elle a participé à des échanges internationaux avec des journalistes et acteurs engagés sur les questions de participation des femmes. Une expérience qui l’a poussée à créer Congolaise Active, un média consacré à la mise en avant des femmes comme actrices du développement.
« Les journalistes doivent accorder davantage la parole aux femmes, car elles sont aussi des actrices de la paix et de la sécurité en République démocratique du Congo », a-t-elle souligné.

De son côté, Divin Cirimwani, journaliste basé à Bukavu, a partagé son expérience dans la sensibilisation autour des résolutions 1325 et 2250 à travers les médias.
Il a expliqué comment son engagement a progressivement conduit à la création d’une synergie des médias œuvrant pour la paix, impliquant des journalistes de plusieurs territoires de l’Est de la RDC.
De par cette initiative, son équipe travaille également sur la lutte contre la désinformation, les discours de haine et la promotion de l’éducation aux médias auprès des jeunes.
Les organisateurs souhaitent faire émerger une nouvelle génération de journalistes capables de traiter les questions de paix avec une approche inclusive.

L’objectif est notamment de sortir d’une représentation limitée des femmes souvent réduites au statut de victimes des conflits, pour valoriser leur rôle dans la médiation, la reconstruction communautaire et la prévention des violences.
Les organisateurs rappellent que les médias disposent d’un pouvoir important dans la mise en œuvre des agendas FPS et JPS, celui d’informer, de sensibiliser et de contribuer au changement des perceptions.
Les journalistes congolais sont ainsi invités à produire une information qui ne se limite pas à raconter les crises, mais qui met également en lumière les solutions, les initiatives locales et les acteurs de paix.
Lydia Mangala


