La clôture de la 5ᵉ édition du Forum d’Innovation des Jeunes Entrepreneurs Congolais (FIJEC), organisée ce jeudi 5 novembre au Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, a été l’occasion pour Pascal Tchelo Mazombo, directeur général de l’Agence pour la promotion des classes moyennes congolaises (APROCM), de présenter les dispositifs publics destinés à répondre aux difficultés rencontrées par les jeunes entrepreneurs. Son intervention a notamment porté sur le financement, la formation, l’accompagnement et l’accès aux opportunités économiques.
Face aux jeunes réunis pour cette cérémonie, le responsable a d’abord salué leur créativité et leur capacité à proposer des solutions aux problèmes de leurs communautés. Il a toutefois reconnu les obstacles auxquels ils sont confrontés, notamment le manque d’opportunités, d’accompagnement et de financements.

« Les jeunes sont aujourd’hui fournis d’esprits, de créativité, d’innovation et de recherche de solutions aux problèmes de leur propre environnement », a-t-il déclaré, estimant que ces préoccupations commencent à trouver des réponses à travers plusieurs initiatives gouvernementales.
Au cœur de son intervention, Pascal Tchelo a présenté le Programme présidentiel pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, également désigné sous le nom de « Débout Jeunes Congolais ». Lancé à l’initiative du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, ce programme est issu des recommandations formulées lors de la Table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, qui en a produit plus de 500, ensuite rationalisées en 50 recommandations.
Évalué à 1,3 milliard de dollars américains, ce dispositif repose sur trois piliers notamment la formation professionnelle, l’accès à l’emploi et l’égalité des chances, ainsi que l’entrepreneuriat.
Le directeur général de l’APROCM a également évoqué cinq référentiels élaborés pour encadrer sa mise en œuvre, notamment dans les domaines de la formation, de l’accompagnement, de l’incubation, de l’accélération et des services de développement des PME. L’objectif est d’harmoniser les méthodes et les niveaux de qualification des formateurs afin de proposer aux entrepreneurs un accompagnement adapté à leurs besoins.

« Il ne s’agit pas d’un accompagnement fourre-tout, d’un accompagnement qui s’adresse à un public anonyme, mais d’un accompagnement personnel », a-t-il précisé.
Il a, par ailleurs, annoncé le lancement, dès 2027, du Concours national de plans d’affaires simplifiés (CONAPAS), présenté comme une opportunité d’identification et d’accompagnement des porteurs de projets dans les filières porteuses de croissance. Les bénéficiaires pourront notamment accéder à un accompagnement assorti d’incitations, y compris financières.
Pascal Tchelo q également présenté la loi sur le contenu local, promulguée par le chef de l’État le même jour que le lancement du programme présidentiel, selon son intervention. Ce texte vise notamment à renforcer la participation des entreprises congolaises aux opportunités économiques, particulièrement celles liées aux marchés publics.
Pour le responsable, il s’agit de donner davantage de place aux producteurs et entrepreneurs locaux afin que la consommation des produits nationaux contribue à la transformation de l’économie, à la création d’emplois et à une meilleure redistribution des richesses.

« Nous aussi, nous voudrions d’abord créer des opportunités pour les Congolais et par les Congolais », a-t-il affirmé, défendant une politique qui favorise la production et la consommation locales.
Présentant le rôle de l’APROCM, Pascal Tchelo a expliqué que l’agence ne se limite pas à mesurer les progrès réalisés dans le cadre des réformes gouvernementales. Elle entend également identifier les jeunes porteurs de projets à fort potentiel et les mettre en relation avec les personnalités, institutions et partenaires susceptibles de soutenir leur développement.
Il a insisté sur la nécessité de dépasser le modèle des petites entreprises centrées sur la subsistance pour favoriser l’émergence de PME capables de créer de la richesse, des emplois et d’influencer durablement la structure de l’économie nationale.
« Nous ne voulons pas nous contenter d’avoir une floraison des PME de subsistance mais nous voulons que nous ayons des PME de croissance, des PME qui créent de la richesse, des PME qui impactent sur la structure de l’économie de notre pays », a-t-il souligné.

En assurant les jeunes entrepreneurs de la disponibilité de son agence et de sa volonté de les accompagner, le directeur général de l’APROCM a également plaidé pour une meilleure reconnaissance de ceux qui entreprennent et contribuent à la création de richesses.
« On ne peut pas continuer à nous applaudir pour la pauvreté, non. Nous devons soutenir ceux qui, parmi nous, essaient d’aller de l’avant, essaient de créer des richesses, essaient de créer de l’emploi », a-t-il conclu.

Son intervention a ainsi mis en avant les mécanismes publics de soutien à l’entrepreneuriat, tout en rappelant que leur efficacité dépendra aussi de leur capacité à transformer les initiatives des jeunes en entreprises viables et créatrices de valeur.
Lydia Mangala


