La troisième édition du Congo Business Expo a placé la production locale et l’entrepreneuriat des jeunes au cœur de ses échanges, le jeudi 29 octobre 2026, à la Maison de l’Entrepreneuriat, à Kinshasa.
Organisée sous le haut patronage du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, cette rencontre a été marquée par la présentation de la plateforme de commerce électronique madeincongo.cd et le projet d’un supermarché dédié aux produits locaux, baptisé « La Maison du Made in Congo », deux initiatives destinées à renforcer la visibilité et la commercialisation des produits fabriqués en République démocratique du Congo.
Les organisateurs ambitionnent de rapprocher producteurs et consommateurs, d’ouvrir de nouveaux débouchés aux entreprises congolaises et de faire de la consommation locale un levier de création d’emplois et de croissance économique.
Une vitrine numérique et un espace de vente pour les produits locaux
Présentée par Jordan Nankomo, coordonnateur du Congo Business Expo, la plateforme madeincongo.cd entend offrir aux entrepreneurs une vitrine numérique pour exposer leurs produits et atteindre une clientèle plus large.
Son fonctionnement prévoit que les producteurs soumettent leurs produits en ligne. Après vérification et validation par l’administration de la plateforme, notamment avec l’appui de l’Office congolais de contrôle (OCC), ceux-ci pourront être consultés par les consommateurs, qui auront la possibilité de passer leurs commandes à distance. Le lancement officiel interviendra après cette étape de validation.
En complément, le projet « La Maison du Made in Congo » prévoit la création d’un supermarché consacré aux produits fabriqués en RDC. Cet espace devrait faciliter leur distribution et rapprocher les producteurs des consommateurs.
Pour Aurélie Nguwa, présidente du comité d’organisation, ces initiatives constituent une nouvelle étape dans la promotion de la production nationale. Elle a rappelé que la richesse d’un pays repose également sur sa capacité à transformer et à commercialiser ses propres ressources.
« La richesse d’une nation ne se mesure pas uniquement à ce qu’elle possède, mais aussi à ce qu’elle produit, transforme et commercialise », a-t-elle déclaré.
Elle a également insisté sur la nécessité de réduire la dépendance aux produits importés.
« L’indépendance économique commence lorsque nous cessons d’être uniquement consommateurs de richesses produites ailleurs pour devenir des producteurs de valeur chez nous », a-t-elle ajouté.
L’entrepreneuriat doit répondre aux besoins du marché
Intervenant lors des échanges, le sénateur et opérateur économique Gentiny Ngobila a invité les porteurs de projets à identifier les besoins réels de la population avant de rechercher des financements.
« L’entrepreneuriat ne consiste pas à vendre ni à demander un financement, mais plutôt à répondre à un besoin réel. Les porteurs de projets doivent placer les besoins de la population au centre de leurs initiatives entrepreneuriales », a-t-il souligné.

Il les a également encouragés à observer leur environnement pour repérer les opportunités et développer des projets adaptés à leur clientèle.
« N’attendez pas de disposer de beaucoup de moyens pour commencer. Observez votre entourage et détectez un besoin », a-t-il conseillé.

Pour lui, la connaissance du marché et de la clientèle doit précéder toute démarche de financement. Il a aussi insisté sur la nécessité de proposer des produits de qualité et compétitifs.
« Le Made in Congo ne doit pas être uniquement une étiquette d’origine. Il doit réunir une signature de qualité, de confiance et de compétitivité », a-t-il martelé.
Les structures publiques et professionnelles mobilisées
Les échanges ont également permis aux structures publiques et aux organisations professionnelles de présenter leurs mécanismes d’accompagnement, notamment en matière de formation, de formalisation, de financement, de certification et d’accès aux marchés.
Représentant le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, le directeur général de l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), le professeur Godefroy Kizaba Amkampese, a évoqué les efforts visant à rapprocher les dispositifs d’accompagnement des entrepreneurs, y compris dans les territoires.
De son côté, Lénine Okana, directeur général adjoint du Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC), a rappelé l’importance de présenter des projets suffisamment préparés et ‘structurés pour bénéficier d’un accompagnement. Il a encouragé les entrepreneurs à se rapprocher des structures publiques dédiées à leur encadrement.
L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), représentée par Ludovic Diangenda, a pour sa part souligné que le Made in Congo ne concerne pas uniquement les produits manufacturés, mais également les services et l’expertise des entreprises congolaises. Il a ainsi encouragé les entrepreneurs à se faire connaître des structures compétentes afin de faciliter leur accès aux marchés de sous-traitance.
La question de la qualité et de la conformité des produits a également été abordée par Alain Mwaku, directeur de l’Association pour la promotion et la certification des produits congolais (APROCM). Son intervention a mis en avant l’importance de la certification, du respect des normes et de la formalisation pour renforcer la crédibilité des produits locaux.
Charles Omary, directeur de la gestion des risques au Fonds de promotion de l’industrie (FPI), a également pris part aux échanges autour de l’accompagnement des initiatives entrepreneuriales et du développement de la production nationale.
Faire de la consommation locale un engagement collectif
Outre les dispositifs de commercialisation et de financement, les intervenants ont rappelé que la promotion des produits congolais repose sur l’implication de toute la chaîne économique : ‘producteurs, distributeurs, institutions et consommateurs.
Les entrepreneurs sont notamment appelés à améliorer la qualité, le conditionnement et la conformité de leurs produits, tandis que les distributeurs sont encouragés à leur ouvrir davantage les circuits de commercialisation.
Par cette troisième édition, le Congo Business Expo ambitionne de devenir un espace de mise en relation entre entrepreneurs, investisseurs, institutions et consommateurs.
Avec la plateforme madeincongo.cd et le projet « La Maison du Made in Congo », les organisateurs veulent transformer la visibilité des produits locaux en débouchés commerciaux concrets et de contribuer à une économie davantage portée par la production nationale.
Lydia Mangala


