L’accès aux équipements, aux infrastructures et aux compétitions internationales demeure un défi pour les jeunes pratiquants du tennis en République démocratique du Congo. Ces difficultés ont été au centre des témoignages d’Éternité Kalonji, Olivier Ngandu, Princesse Malonda et Carla Malonda, intervenus vendredi 6 novembre 2026 au Cercle de Kinshasa, lors de l’avant-première du documentaire « King B. », consacré au tennisman Bienvenue Bolangi.
Invités à partager leurs expériences à cette occasion organisée par Risk Management Across Cultures (RMAC Global Partners LLC), avec le soutien de Rawbank, ces jeunes athlètes ont présenté le tennis comme une école de discipline et de dépassement de soi, tout en appelant à un meilleur accompagnement pour progresser et représenter la RDC sur la scène internationale.
Entre passion et obstacles matériels
Âgé de 18 ans, Éternité Kalonji a raconté avoir découvert le tennis à Kinshasa, par sa propre curiosité. Un choix qui lui a permis de développer la discipline, la patience et le respect, mais aussi de nourrir des ambitions internationales.
Son expérience lui a toutefois révélé les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes joueurs congolais. Entre le coût des raquettes, des chaussures, des balles et des cordages, ainsi que les frais de déplacement pour les compétitions à l’étranger, les moyens financiers restent un frein majeur.
« À Kinshasa, une bonne raquette coûte très cher. Les chaussures, les cordages, les balles, on joue souvent avec du matériel déjà utilisé », a-t-il expliqué.
Il estime qu’un seul tournoi à l’étranger peut nécessiter plus de 1 500 dollars pour couvrir le visa, le billet d’avion et l’hébergement. À cela s’ajoutent le manque de terrains de qualité, de coaches et d’académies capables d’assurer une formation adaptée.
Malgré ces contraintes, le jeune joueur nourrit l’ambition d’intégrer le circuit professionnel, de gagner des points ATP et de voir un jour les couleurs congolaises représentées à Roland-Garros et à l’US Open.
« Les talents ne suffisent pas, il faut du travail », a-t-il rappelé, avant de partager son projet de créer une académie internationale à Kinshasa pour détecter les jeunes talents, leur fournir du matériel et faciliter leur accès à l’encadrement et aux compétitions.
Des infrastructures et des compétitions pour faire émerger la relève
Le constat est également partagé par Olivier Ngandu, 16 ans, qui a découvert le tennis à l’âge de six ans grâce à sa tante. Pour lui, cette discipline lui a notamment appris la patience, la confiance en soi et la persévérance.
Il a cependant dénoncé les difficultés d’accès aux terrains, dont la plupart sont privés à Kinshasa, ainsi que le manque de matériel et de possibilités de participer à des tournois internationaux.
« Ici à Kinshasa, pour jouer au tennis, il faut payer un abonnement parce que les terrains sont privés. Si vous ne payez pas, vous ne pouvez pas vous entraîner », a-t-il déploré.
Souhaitant évoluer dans le circuit mondial et représenter son pays, il a appelé les acteurs concernés à accorder davantage d’attention aux jeunes pratiquants.
« Dans mon pays, la RDC s’intéresse beaucoup au football, mais pourtant le tennis aussi peut parler de notre culture au niveau mondial », a-t-il souligné.
Ls jeunes joueuses eveulent aussi accéder aux grandes compétitions
La relève féminine a également été représentée lors de cette rencontre. À 14 ans, Princesse Malonda a expliqué avoir découvert le tennis grâce à son père, le docteur Franz Malonda, médecin de la Fédération de tennis de la RDC. Elle a notamment mis en avant les valeurs de fair-play et de dépassement de soi que lui transmet cette discipline.
De son côté, Carla Malonda, âgée de 10 ans et présentée comme révélation féminine 2025, a évoqué sa passion familiale pour le tennis. Classée deuxième dans sa catégorie des moins de 10 ans, elle participe également à des compétitions dans des catégories d’âge supérieures.
La jeune joueuse a insisté sur la nécessité d’un accompagnement pour accéder aux tournois internationaux et aux académies de haut niveau.
« Nous avons besoin de votre soutien pour que nous ayons la facilité de participer aux tournois ATP et ITF, ainsi que d’intégrer des académies de haut niveau afin que nos rêves se réalisent », a-t-elle plaidé.

Par ces témoignages, les jeunes joueurs ont rappelé que le potentiel sportif congolais ne demande qu’à être accompagné. Leur ambition commune est de pouvoir bénéficier de meilleures conditions de formation et de compétition afin de porter, à leur tour, les couleurs de la RDC sur les courts internationaux.
Lydia Mangala


