La clôture de la 5ᵉ édition du Forum d’Innovation des Jeunes Entrepreneurs Congolais (FIJEC), organisée ce jeudi 5 novembre au Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, a été marquée par l’intervention de Souley Kahuka, représentant de MAGEN CONGO.
Dans son allocution, il a défendu une vision du développement économique fondée sur la transformation locale des ressources, la création d’emplois et l’amélioration des conditions dans lesquelles évoluent les entrepreneurs congolais.
D’entrée de jeu, il a rappelé que les richesses minières de la République démocratique du Congo ne suffisent pas, à elles seules, à garantir sa prospérité. Pour lui, la véritable richesse d’un pays réside aussi dans sa capacité à transformer ses ressources naturelles, à produire de la valeur ajoutée et à créer des emplois.
« La République démocratique du Congo possède d’immenses richesses minières. Mais la véritable richesse d’un pays ne se mesure pas uniquement à la quantité de matières premières qu’il extrait. Elle se mesure également à sa capacité de transformer ses ressources, à créer de la valeur ajoutée et à générer des emplois », a-t-il souligné.

Souley Kahuka a estimé que la responsabilité du développement entrepreneurial ne peut reposer uniquement sur les jeunes. Il a notamment interpellé les pouvoirs publics sur les réformes nécessaires pour faciliter la création et la croissance des entreprises.
Il a identifié cinq priorités notamment la simplification des procédures administratives, la stabilité et la prévisibilité du cadre fiscal, la transparence dans les marchés publics, l’accélération des investissements dans l’électricité et les infrastructures, ainsi que l’évaluation régulière des politiques publiques.

Sur le plan administratif, il a plaidé pour des procédures transparentes, des délais maîtrisés et des coûts clairement établis. Il a également insisté sur la nécessité de digitaliser les démarches afin de réduire les lenteurs et les possibilités de pratiques irrégulières.
Illustrant les difficultés persistantes, il a évoqué sa propre expérience. En 2016, il avait obtenu les documents administratifs de son entreprise en huit jours, alors que, selon les situations portées à sa connaissance, les candidats à l’entrepreneuriat doivent encore attendre plusieurs mois.

« Comment encourager la création d’entreprises lorsque les premières démarches deviennent elles-mêmes une épreuve de patience et une source de découragement ? », a-t-il lancé, appelant à rétablir un système rapide, transparent et efficace.
Il a également insisté sur l’importance d’un cadre fiscal prévisible, permettant aux entreprises de planifier leurs investissements, ainsi que sur l’accès équitable aux marchés publics. Pour lui, les opportunités économiques doivent être accessibles sur la base de critères connus, objectifs et vérifiables.
Le DG de MAGEN CONGO a défendu la création d’une véritable banque d’investissement en RDC. Celle-ci aurait pour vocation de financer les grands projets entrepreneuriaux, industriels et agricoles, grâce à des capitaux à long terme et à des conditions adaptées aux réalités de la production.
Il a, dans ce sens, appelé les ministères en charge de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat et des PME, ainsi que du Plan, à assumer pleinement leurs responsabilités dans l’impulsion de l’industrialisation et la cohérence du développement national.

L’intervenant a par ailleurs rappelé que les ambitions entrepreneuriales nécessitent des infrastructures adaptées. Les investissements dans l’électricité, les routes, les transports et les infrastructures numériques constituent, selon lui, des conditions indispensables à la compétitivité des entreprises et à l’industrialisation du pays.
Il a aussi défendu une meilleure évaluation des politiques publiques, estimant qu’un programme destiné aux entrepreneurs doit pouvoir démontrer ses résultats à travers des indicateurs concrets tels que le nombre de projets financés, les entreprises créées, les emplois générés et les taux de survie des entreprises.
S’adressant directement aux jeunes, Souley Kahuka les a encouragés à poursuivre leur formation, à structurer sérieusement leurs projets et à renforcer la gestion de leurs entreprises. Il a également invité ceux qui occupent des postes de responsabilité à ouvrir davantage de portes aux compétences et aux talents.

Pour lui, le défi de la génération actuelle ne consiste pas simplement à hériter des ressources du pays, mais à développer les capacités nécessaires pour les transformer et en tirer pleinement profit.
« Le défi de notre génération n’est pas simplement d’hériter des richesses du Congo. Il est de construire les capacités nécessaires pour transformer et pour en bénéficier pleinement », a-t-il déclaré.
Il a conclu en rappelant que l’avenir économique du pays se construira dans les écoles, les universités, les exploitations agricoles, les laboratoires, les ateliers et les entreprises.

« La véritable richesse du Congo ne se trouve pas seulement sous terre. Elle se trouve aussi dans l’intelligence, la créativité et le courage de ses fils et filles », a-t-il affirmé, appelant à créer les conditions permettant à ce potentiel humain de s’exprimer pleinement.
Souley Kahuka a ainsi placé la responsabilité partagée de l’État, des entreprises, des universités et de la jeunesse au centre de la transformation économique de la RDC.
Lydia Mangala


