La République démocratique du Congo a porté sa voix sur la scène parlementaire francophone à l’occasion de la 51ᵉ Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), dont les travaux se sont ouverts vendredi 10 juillet 2026 à Yaoundé, au Cameroun. Conduite par les présidents des deux Chambres du Parlement, la délégation congolaise a mis en avant le plaidoyer de Kinshasa en faveur du respect du droit international, de la souveraineté des États et d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.
La délégation est composée notamment du président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, et du président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, qui représentent le Parlement congolais à cette importante rencontre réunissant les parlementaires de l’espace francophone.
Intervenant en séance plénière sur le thème « Multilatéralisme et souveraineté des États », Aimé Boji Sangara a rappelé que la diplomatie parlementaire vient appuyer les efforts diplomatiques engagés par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour le rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC et le respect des engagements internationaux.
Le président de l’Assemblée nationale a dénoncé la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, qu’il attribue à l’agression rwandaise, affirmant que ce conflit, qui dure depuis près de trois décennies, continue de provoquer une grave crise humanitaire caractérisée par des millions de déplacés, des pertes importantes en vies humaines ainsi que des violences commises contre les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants.
Face aux parlementaires francophones, il a exhorté la communauté internationale à aller au-delà des simples condamnations et à veiller à l’application effective des résolutions des Nations Unies, notamment celles exigeant le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, le respect de la souveraineté de la RDC et la mise en œuvre des accords de paix conclus.
Selon lui, le multilatéralisme perd toute sa crédibilité lorsque les engagements internationaux sont violés sans conséquences. Une telle situation, a-t-il estimé, compromet durablement la paix, la stabilité et la sécurité internationales.
Rappelant que la Francophonie repose avant tout sur des valeurs communes, Aimé Boji a appelé l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à ne pas rester silencieuse face aux atteintes à la souveraineté d’un de ses États membres et aux conséquences humanitaires qui en découlent.
Il a invité les parlementaires francophones à faire entendre une position commune afin que les institutions multilatérales demeurent des espaces de défense du droit, de la justice et de la paix, et non des tribunes pouvant servir à légitimer les agresseurs.
« D’une seule voix, disons haut et fort que nos institutions multilatérales ne peuvent devenir des tribunes qui priment les agresseurs », a-t-il déclaré devant l’assemblée.

Tout en réaffirmant que la position de la RDC ne vise aucun peuple, le président de l’Assemblée nationale a souligné qu’elle s’inscrit dans la vision du chef de l’État, privilégiant le dialogue, le bon voisinage et les solutions diplomatiques pour instaurer une paix durable dans la région.
Profitant de cette tribune internationale, Aimé Boji a également lancé un appel à la solidarité des États membres de la Francophonie afin de soutenir la République démocratique du Congo dans la lutte contre la résurgence de l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement le nord-est du pays.
Lydia Mangalà


