À Kinshasa, le restaurant Le Z a accueilli, le 30 octobre dernier, la deuxième édition de « Au-delà du ruban rose », une rencontre consacrée aux répercussions psychologiques du cancer du sein. À travers des témoignages, des échanges et des prises de parole, cette initiative portée avec le Collectif Vision Congo ASBL a remis au centre du débat une dimension souvent moins visible de la maladie : la santé mentale des personnes touchées et de leur entourage.
Le cancer du sein ne se résume pas à un diagnostic, à un traitement médical ou à un combat physique. Derrière chaque parcours de maladie se cachent également des bouleversements émotionnels, des inquiétudes, des silences et parfois une souffrance psychologique difficile à exprimer. C’est autour de cette réalité que s’est articulée la deuxième édition de « Au-delà du ruban rose », organisée le 30 octobre au restaurant Le Z, à Kinshasa.
Cette soirée de sensibilisation et de solidarité a permis d’ouvrir un espace de dialogue sur l’impact du cancer du sein sur la santé mentale. Une approche qui rappelle que l’accompagnement des personnes atteintes ne doit pas s’arrêter aux soins médicaux, mais doit également prendre en compte leur équilibre psychologique, leur dignité et leur besoin d’écoute.
Donner la parole à celles qui vivent la maladie
Au cœur de cette rencontre, les témoignages de Carine Nankian et d’Anaïa Sak ont apporté une dimension humaine aux discussions. À travers leurs interventions, les participantes ont été invitées à mieux comprendre les réalités vécues par les personnes confrontées au cancer du sein, notamment les émotions qui accompagnent l’annonce de la maladie, les périodes de traitement et les différentes étapes du parcours de guérison.
Les échanges ont également mobilisé des intervenants, dont un médecin, autour de la nécessité de mieux considérer la santé mentale dans la prise en charge globale du cancer. Écouter sans juger, accompagner sans minimiser la douleur et permettre aux personnes concernées de s’exprimer librement ont constitué les principaux messages de cette soirée.
Sharufa Amisi et la Fondation Bomoko : un engagement qui se construit sur le terrain
La participation de Sharufa Amisi, présidente de la Fondation Bomoko, s’inscrit dans la continuité de son engagement dans la lutte contre le cancer et la sensibilisation communautaire.
Dans une prise de parole publiée à l’issue de cette rencontre, elle a rappelé le chemin parcouru par la Fondation Bomoko, soulignant les actions menées depuis sa création pour contribuer à briser les tabous autour du cancer, libérer la parole et redonner espoir aux personnes confrontées à la maladie.
« La Fondation Bomoko a vu le jour, a grandi et a mené des actions qui, à leur échelle, ont inspiré, sauvé des vies et surtout contribué à libérer la parole autour du cancer », a-t-elle affirmé.

Loin de revendiquer immédiatement une exposition publique ou des responsabilités plus importantes, Sharufa Amisi dit privilégier, pour l’instant, le travail de terrain et l’engagement en coulisses. Elle assume néanmoins une ambition plus large : disposer, à terme, de leviers politiques, institutionnels et financiers capables de renforcer la portée de ses initiatives et de toucher davantage de bénéficiaires.
Pour la présidente de la Fondation Bomoko, les responsabilités futures devront s’appuyer sur une expérience déjà éprouvée au contact des réalités sociales. Une conviction qu’elle résume par sa volonté de continuer à servir et à faire ses preuves avant d’accéder à d’autres espaces de décision.
Au-delà du ruban rose, une approche plus humaine de la maladie
En associant sensibilisation, témoignages et solidarité, cette deuxième édition a rappelé que la lutte contre le cancer du sein nécessite une mobilisation qui dépasse le seul cadre médical. La santé mentale, le soutien psychologique et l’accompagnement social doivent également trouver leur place dans les stratégies de prévention et de prise en charge.
La rencontre a notamment bénéficié de l’implication de la Fondation Bomoko, des intervenants, du corps médical et des différentes personnes ayant contribué à son organisation, avec une mention particulière à Elo Walha pour sa contribution.
À travers « Au-delà du ruban rose », Le Z et le Collectif Vision Congo ASBL ont ainsi porté un message essentiel : derrière le cancer, il y a des femmes et des hommes, des histoires personnelles, des fragilités et des espoirs.
Car lutter contre le cancer du sein, c’est aussi prendre soin de celles et ceux qui le traversent. Et au-delà du ruban rose, il y a avant tout des vies à écouter, à accompagner et à préserver.
Joséphine Mawete


