Le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, entend faire de la standardisation des formations entrepreneuriales un levier de transformation de l’écosystème économique congolais.
À l’occasion de la clôture de l’atelier national de validation des cinq référentiels standards portant sur la formation, l’accompagnement, l’incubation et l’accélération des entrepreneurs, les prestataires de services de développement des entreprises ainsi que les différentes phases de maturité entrepreneuriale, il a insisté sur la nécessité de démocratiser l’entrepreneuriat, d’harmoniser les contenus de formation et de rendre ces outils obligatoires sur l’ensemble du territoire national.

Organisés par l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), sous le haut patronage du ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, les travaux se sont achevés au Rotana Hôtel de Kinshasa, en présence notamment du ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, Marc Ekila, du ministre Justin Kalumba et du directeur général de l’ANADEC, le professeur Godefroy Kizaba Amkampese.
Dans son discours de clôture, Justin Kalumba a replacé la validation de ces référentiels dans le contexte des défis économiques du pays, marqué notamment par le chômage, le sous-emploi et les difficultés rencontrées par les entreprises pour créer suffisamment d’emplois.
Pour le ministre, la réponse passe par un changement de mentalité et une intégration progressive de la culture entrepreneuriale dans le système éducatif. Il souhaite que les notions fondamentales de l’entrepreneuriat soient enseignées dès l’école primaire, puis approfondies dans le secondaire et l’enseignement supérieur.
« Il faut démocratiser l’entrepreneuriat », a-t-il insisté.
Il a souligné que la formation entrepreneuriale ne doit pas être réservée à une catégorie de personnes. Il a notamment évoqué les professionnels qui, après leurs études, deviennent responsables d’une clinique, d’un cabinet d’avocats ou d’une autre structure, mais ne disposent pas nécessairement des compétences nécessaires pour gérer une entreprise.
Cette approche vise à faire de l’entrepreneuriat une compétence transversale, utile aussi bien aux jeunes qu’aux diplômés et aux professionnels désireux de développer leurs propres activités.
Au cœur du message du ministre figure également la nécessité d’harmoniser les programmes de formation et les pratiques d’accompagnement à travers l’application des cinq référentiels. Justin Kalumba a plaidé pour l’adoption d’un cadre commun permettant de garantir un même niveau de qualité, quel que soit le lieu où la formation est dispensée.
« Partout sur le territoire national, le standard doit être le même », a-t-il déclaré, tout en précisant que cette uniformisation devra tenir compte des réalités et des spécificités locales.

Le ministre a également défendu une approche fondée sur trois modalités de réalisation des formations notamment faire, faire-faire ou cofaire. L’objectif est de permettre à différents acteurs de contribuer à la formation entrepreneuriale sans altérer la qualité ni les contenus définis dans les référentiels.
Pour lui, cette standardisation doit notamment ouvrir la voie à la certification, afin que le niveau de compétences acquis par un apprenant soit clairement identifiable et reconnu.
Il a également annoncé la digitalisation des référentiels. Le ministre a insisté sur la nécessité de rendre ces outils accessibles aux entrepreneurs à travers le pays, en tenant compte de la diversité linguistique de la population congolaise.
Il a également exprimé sa volonté de voir les cinq référentiels dépasser le stade de simples outils facultatifs pour devenir un cadre de référence applicable à l’ensemble des acteurs concernés.
« Nous devons les inscrire obligatoirement », a-t-il martelé, appelant à leur intégration dans les dispositifs de formation et d’accompagnement.
Évoquant par ailleurs la question des équipements, Justin Kalumba a fait état d’un programme soutenu par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), destiné à doter huit provinces d’équipements adaptés à leurs spécificités. Il a annoncé son intention d’amplifier cette initiative afin de soutenir des formations davantage orientées vers les secteurs et les besoins propres à chaque province.
En clôturant cet atelier, le ministre a ainsi fixé plusieurs orientations pour la suite du processus, notamment généraliser la culture entrepreneuriale, harmoniser les formations et les pratiques d’accompagnement à travers les cinq référentiels, rendre ces outils obligatoires, accélérer leur digitalisation et renforcer les capacités matérielles des structures d’appui.
Il reste à transformer ces outils validés en mécanismes concrets, capables de structurer durablement la formation et l’accompagnement des entrepreneurs congolais.
Lydia Mangala


