Le directeur général de l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), le professeur Godefroy Kizaba Amkampese, veut faire des cinq référentiels standards un cadre commun de référence pour tous les acteurs de l’écosystème entrepreneurial congolais.
Portant sur la formation, l’accompagnement, l’incubation et l’accélération des entrepreneurs, les prestataires de services de développement des entreprises ainsi que les différentes phases de maturité entrepreneuriale, ces outils doivent contribuer à harmoniser les pratiques et à améliorer la qualité des services d’appui aux PME.
À la clôture de l’atelier national de validation, tenu le mercredi 4 novembre 2026, à Kinshasa, il a insisté sur leur déploiement progressif, tout en sollicitant une réforme du cadre institutionnel de l’ANADEC pour leur conférer une portée réglementaire.
Organisés sous le haut patronage du ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, les travaux se sont achevés au Rotana Hôtel, en présence notamment du ministre de tutelle, Justin Kalumba Mwana Ngongo, et du ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, Marc Ekila.

Dans son allocution, Godefroy Kizaba a rappelé que les besoins des entrepreneurs varient selon le niveau de développement de leurs activités. Pour lui, les dispositifs d’accompagnement doivent tenir compte de ces différences afin de proposer des réponses adaptées, avec des objectifs précis et des résultats mesurables.
« Chaque entrepreneur doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement correspondant à ses besoins et à la phase de maturité de son activité », a-t-il souligné.


Le directeur général de l’ANADEC a notamment distingué les besoins d’un porteur de projet qui cherche à concrétiser une idée, ceux d’un entrepreneur qui souhaite consolider sa gestion et ceux d’une petite entreprise qui ambitionne de conquérir de nouveaux marchés.
Cette approche doit permettre de structurer des parcours cohérents, reposant sur des prestations clairement définies, des exigences de qualité et des résultats mesurables.
Pour le professeur Godefroy Kizaba, la clôture de l’atelier ne marque pas la fin du processus, mais le début d’un travail de mise en œuvre. Il a annoncé que l’ANADEC devra d’abord consolider les documents en intégrant les observations et recommandations formulées par les participants, avant d’engager leur diffusion et leur déploiement auprès des prestataires de services de développement des entreprises, des structures de formation, des incubateurs et des partenaires.
« L’atelier s’achève. La mise en œuvre des référentiels devient notre responsabilité commune », a-t-il déclaré.

Il a également précisé que ces outils devront contribuer à la réalisation des ambitions nationales en matière d’entrepreneuriat, notamment à travers les programmes présidentiels en faveur des jeunes et le concours national des plans d’affaires. L’objectif est d’accompagner les porteurs de projets au-delà de la conception de leurs plans d’affaires, en renforçant leurs capacités à comprendre leur marché, maîtriser leur gestion, saisir les opportunités et bâtir des entreprises durables.
L’un des points majeurs de son intervention concerne l’évolution du cadre institutionnel de l’ANADEC. Le directeur général a estimé que les nouvelles responsabilités confiées à l’agence nécessitent une adaptation de son organisation et une révision du décret fixant ses statuts.
Il a révélé qu’un projet de décret avait déjà été initié à cet effet et a sollicité l’implication du ministre de tutelle pour faire aboutir cette réforme.
L’enjeu, selon lui, est également de donner aux référentiels issus de l’atelier une portée réglementaire, afin de les rendre applicables à l’ensemble des acteurs concernés.

« Nous sollicitons donc votre implication pour faire aboutir cette réforme et permettre, dans son prolongement, de conférer aux référentiels issus de ces travaux une portée réglementaire les rendant applicables et opposables à l’ensemble des acteurs concernés », a-t-il insisté.
Le professeur Godefroy Kizaba a enfin salué l’appui des autorités nationales et des partenaires techniques et financiers, notamment l’Agence française de développement, Expertise France, l’UCP Transform, dont les contributions ont accompagné le processus de conception et de validation des référentiels.
Il a appelé les cadres et agents de l’ANADEC à faire vivre ces outils dans chaque accueil, diagnostic et décision d’accompagnement, tout en invitant les partenaires à poursuivre leur collaboration.
Pour le directeur général, la réussite de cette réforme devra se mesurer à ses effets concrets tels que des services plus accessibles, des entrepreneurs mieux accompagnés et des entreprises congolaises plus solides, capables de contribuer durablement à la création de richesses et d’emplois.
Lydia Mangala


