Le gouvernement congolais et les services du Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord préliminaire sur la quatrième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la troisième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du Fonds, prévue en décembre 2026, cet accord devrait permettre à la RDC de bénéficier d’environ 771 millions de dollars, dont 240 millions destinés à financer la riposte contre l’épidémie d’Ebola.
Une nouvelle avancée dans la coopération entre la République démocratique du Congo et le Fonds monétaire international. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a annoncé, mercredi 4 novembre 2026, la conclusion d’un accord au niveau des services du FMI à l’issue des discussions portant sur les quatrième et troisième revues respectives des programmes FEC et FRD.
Selon le ministre, cet accord ouvre la voie à un décaissement global estimé à 771 millions de dollars américains, sous réserve de sa validation par le Conseil d’administration du FMI. Sur cette enveloppe, 240 millions de dollars seraient consacrés au financement du plan de riposte contre Ebola pour la phase 2026.
Pour Doudou Fwamba, cette avancée constitue « une nouvelle étape dans la mise en œuvre de notre programme économique et financier », obtenue dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sanitaires et économiques.
Une enveloppe supérieure à celle de juin
Le montant annoncé représente plus du double des 348,5 millions de dollars débloqués en juin dernier, à l’issue des précédentes revues des deux programmes. Cette augmentation s’explique notamment par les besoins supplémentaires de financement liés à la situation sanitaire et aux pressions exercées sur les finances publiques.
À travers cette nouvelle revue, les autorités congolaises ont notamment sollicité un assouplissement des plafonds du déficit budgétaire pour 2026 et 2027, ainsi qu’une augmentation de l’accès aux ressources des deux facilités.
La demande vise, d’une part, à couvrir les dépenses additionnelles liées à la lutte contre Ebola et les besoins de financement extérieur qui en découlent. D’autre part, elle entend renforcer les mécanismes nationaux de préparation et de réponse aux épidémies, afin de mieux faire face aux risques sanitaires.
Des indicateurs macroéconomiques sous surveillance
Dans son communiqué publié le même jour, le FMI relève que le déficit budgétaire intérieur de la RDC respectait le plafond programmé à fin juin 2026. Une performance qui témoigne, selon les autorités, des efforts entrepris pour maintenir la discipline budgétaire malgré les dépenses supplémentaires liées notamment à la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Le Fonds prévoit par ailleurs une croissance économique supérieure à 5 % en 2026 et à moyen terme. Toutefois, il relève un léger ralentissement de l’activité économique, notamment sous l’effet de l’épidémie d’Ebola et des difficultés rencontrées dans deux grandes exploitations minières.
Sur le front des prix, le FMI anticipe une inflation proche de 9 % à fin décembre 2026, sous l’effet de la hausse des prix des produits pétroliers et des denrées alimentaires. Il recommande ainsi une vigilance accrue dans la conduite des politiques budgétaire et monétaire.
Le FMI appelle à accélérer les réformes
Au-delà des performances enregistrées, l’institution de Bretton Woods insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles et de renforcer la gouvernance des finances publiques.
Parmi les priorités figurent la maîtrise des dépenses publiques, la réduction du recours aux procédures d’urgence, le déploiement du compte unique du Trésor ainsi que la rationalisation des fonds spéciaux et des établissements publics.
Le Fonds encourage également les autorités à accélérer les mesures destinées à accroître les recettes publiques, à améliorer le climat des affaires et à renforcer la lutte contre la corruption.
Sur le plan environnemental, il salue notamment les avancées enregistrées dans la réforme du Code forestier et du cadre juridique des partenariats public-privé intégrant les enjeux climatiques.
La confiance financière comme levier de développement
Cette annonce intervient quelques jours après la sortie de la RDC de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), le 30 octobre 2026. Une évolution que le FMI considère comme un progrès important dans le renforcement du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Pour Doudou Fwamba, ces avancées doivent désormais se traduire par des retombées concrètes pour l’économie nationale et la population congolaise.
Le ministre a réaffirmé la détermination du gouvernement, sous le leadership du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, à poursuivre les réformes engagées afin de consolider la stabilité macroéconomique, stimuler les investissements et favoriser la création d’emplois.
Il a, à cette occasion, salué le travail des experts des ministères des Finances et du Budget ainsi que des équipes de la Banque centrale du Congo ayant contribué à l’aboutissement de ces négociations.
L’examen de cet accord par le Conseil d’administration du FMI est attendu à la mi-décembre 2026. Sa validation permettra de concrétiser les décaissements annoncés, dans un contexte où les besoins de financement de l’État et les impératifs de la riposte sanitaire demeurent importants.
La rédaction


