Au terme du Forum national de la jeune fille, organisé du 29 au 30 octobre 2026 à Kinshasa, le ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique a réaffirmé la nécessité de renforcer la participation des jeunes femmes dans les espaces de décision et les initiatives de consolidation de la paix.
Porteuse du message de clôture au nom de la ministre Grâce Émie Kutino, Sarah Lena a insisté sur la responsabilité des institutions dans la création d’un environnement favorable à l’épanouissement et à l’engagement des jeunes filles.
Organisé par le Conseil national de la jeunesse de la RDC (CNJ-RDC), en partenariat avec le ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique ainsi qu’ONU Femmes, ce forum s’est tenu autour du thème : « La jeune fille congolaise, socle de la paix et de la cohésion sociale, investir dans son leadership, c’est sécuriser l’avenir de la RDC ».
Dans son allocution, Sarah Lena a rappelé aux participantes que leur place doit être reconnue dans tous les secteurs de la vie nationale, notamment les établissements scolaires, les universités, les institutions et les espaces où se prennent les décisions publiques.

« Vous avez votre place dans ce pays, dans ces écoles, dans ces universités, dans ces institutions et partout où se prennent des décisions qui vous concernent avant tout », a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que les jeunes filles ne doivent pas être considérées uniquement comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des actrices capables de contribuer à la prévention des conflits, aux initiatives de réconciliation et au renforcement de la cohésion nationale.

La représentante de la ministre a également rappelé que cette participation ne peut être effective sans un engagement des institutions. Celles-ci doivent ouvrir des espaces de dialogue, garantir des conditions équitables et permettre aux jeunes femmes de faire entendre leurs propositions.
Sarah Lena a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la protection des jeunes filles contre le harcèlement, l’exploitation et les violences basées sur le genre. Elle a rappelé que ces abus ne doivent jamais constituer un obstacle à leur parcours scolaire, professionnel ou personnel.

« Le harcèlement, l’exploitation et la violence ne sont jamais le prix à payer pour étudier, travailler et réussir », a-t-elle martelé.
Pour elle, connaître ses droits constitue une étape essentielle pour identifier les injustices, dénoncer les abus et savoir vers quelles structures se tourner pour obtenir de l’aide. Elle a notamment insisté sur l’importance de disposer de mécanismes d’écoute, d’orientation et de prise en charge adaptés.
Évoquant également la situation des femmes et des jeunes filles déplacées dans l’Est du pays, elle a rappelé que leur participation aux processus de prévention des conflits et de réconciliation doit être pleinement prise en compte.

« On ne construit pas la paix en demandant aux femmes de se taire. On la construit en leur permettant de participer », a-t-elle souligné.
La représentante du ministère a encouragé les participantes à développer leurs compétences, à poursuivre leurs ambitions et à s’intéresser aux enjeux qui façonnent la vie nationale. Elle a notamment mis en avant le rôle de l’éducation, de la formation et des outils numériques dans le renforcement de leur autonomie.
S’appuyant sur son expérience dans les programmes destinés à la jeunesse, elle a évoqué le Village des opportunités, où elle a rencontré des jeunes filles capables de prendre la parole avec assurance, de poser des questions et de défendre leurs points de vue devant différents interlocuteurs.

Elle a également insisté sur la nécessité pour les jeunes femmes de s’impliquer dans les questions publiques et citoyennes, rappelant que les décisions politiques ont des conséquences directes sur leur quotidien.
« Vous ne pouvez pas rester en marge de ces questions », a-t-elle affirmé.
Elle a exhorté les participantes à s’informer, à se former et à prendre part aux débats qui concernent leur avenir.
Pour Sarah Lena, la portée de ce forum ne doit pas se limiter aux deux journées de discussions. Les réflexions et les engagements formulés doivent désormais se traduire par des initiatives concrètes au sein des communautés et des institutions.
Elle a ainsi interpellé les responsables institutionnels et locaux sur la nécessité d’ouvrir davantage d’espaces de consultation aux jeunes filles, avec de réelles possibilités de participation et de contribution aux décisions.
« L’importance de ce forum se mesurera dans les actions que nous prenons », a-t-elle insisté.

En clôturant les travaux, elle a rappelé que la construction de la paix et de la cohésion nationale nécessite l’implication de toutes les composantes de la société. Elle a ainsi réaffirmé la place des jeunes filles comme citoyennes engagées et actrices de la transformation de la RDC.
Lydia Mangala


