Le ministère des Mines veut renforcer la protection des titres miniers, lutter contre l’exploitation illicite et améliorer la traçabilité des ressources minérales en République démocratique du Congo. À la clôture de la cinquième édition du Café de presse du Cadastre minier (CAMI), le jeudi 29 octobre 2026, le directeur de cabinet du ministre des Mines, le professeur docteur Michel Kaswa Kayomo, a appelé à une gouvernance plus rigoureuse du secteur, fondée sur la transparence, le contrôle des titres et la valorisation des ressources nationales.
Des titres miniers à protéger, des responsabilités à établir
Représentant le ministre des Mines, Michel Kaswa a insisté sur la nécessité de mettre fin à l’occupation illégale des périmètres miniers régulièrement attribués.
Il a rappelé que les détenteurs de titres valides doivent pouvoir jouir de leurs droits, tout en soulignant l’importance d’un meilleur encadrement de l’exploitation artisanale.
« Un titre minier valide doit être protégé et un service public qui faillit doit répondre de ses actes », a-t-il déclaré.
Cette orientation s’accompagne de mesures visant à assainir le fichier cadastral, à examiner les titres inactifs et à récupérer les superficies qui ne répondent pas aux obligations légales. Le ministère entend également renforcer le contrôle du démarrage effectif des travaux, du paiement des droits superficiaires et du respect des obligations sociales.
L’exploitation artisanale et les laboratoires au cœur des priorités
Évoquant la présence de nombreux creuseurs artisanaux sur certains sites miniers, le directeur de cabinet a plaidé pour une organisation progressive de cette activité, notamment à travers les coopératives et la mise à disposition de sites adaptés pour les artisans qui devraient être déplacés.
Il a également souligné le rôle stratégique des laboratoires du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC), appelés à renforcer le contrôle de la qualité, de la teneur et de la valeur des minerais commercialisés.
« Le laboratoire est le symbole de la souveraineté de l’État », a-t-il affirmé.
Il a encouragé le développement d’un réseau comprenant un laboratoire national, des structures décentralisées et, si possible, des laboratoires mobiles.
Le responsable a par ailleurs évoqué la relance du centre de négoce de Musompo, dans le Lualaba, où la pesée, l’échantillonnage et l’analyse des minerais doivent contribuer à garantir une rémunération plus juste aux creuseurs et aux coopératives.
La transparence cadastrale pour accroître les recettes publiques
Dans son allocution, Michel Kaswa a rappelé le poids du secteur minier dans l’économie congolaise, qui représente, selon les chiffres présentés, environ 35 % du produit intérieur brut, plus de 90 % des exportations et 51 % des recettes publiques.
Il a souligné que la valorisation de ce potentiel nécessite une meilleure connaissance du domaine minier, des données cadastrales fiables et une coordination accrue entre les institutions concernées, notamment le CAMI, le Service géologique national du Congo et le CEEC.
Le ministère préconise ainsi la publication régulière des informations relatives aux titres actifs, aux déchéances et aux retraits, ainsi que l’interconnexion des données pour mieux relier chaque production à un titre valide.

« La conformité cadastrale n’est pas une formalité administrative. C’est la première ligne de la mobilisation des recettes », a-t-il insisté.
En clôturant cette cinquième édition du Café de presse, le représentant du ministre a appelé les professionnels des médias à contribuer à cette dynamique par une information rigoureuse et vérifiée.
L’objectif est de faire en sorte que les richesses du sous-sol congolais se traduisent davantage en emplois, en compétences et en retombées économiques pour la population.
Lydia Mangala


