Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté, mercredi 28 octobre 2026, devant l’Assemblée nationale, le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025. Déclaré recevable par les députés nationaux, le texte a été transmis à la Commission économique, financière et de contrôle budgétaire (ECOFIN) pour un examen approfondi de sept jours.
Sur des prévisions de 50 691 milliards de francs congolais (FC), les recettes du pouvoir central ont atteint 41 979 milliards de FC, soit un taux de réalisation de 82 %. Le ministre a défendu ces résultats en mettant en avant les contraintes sécuritaires et humanitaires qui ont marqué l’exécution du budget, ainsi que les efforts de mobilisation des recettes publiques.
Dans le détail, les recettes du budget général se sont établies à 38 000 milliards de FC, sur des prévisions de 45 000 milliards, soit un taux de réalisation de 83 %. Les recettes internes ont, quant à elles, atteint environ 30 250 milliards de FC, sur 30 647 milliards prévus, correspondant à un taux de réalisation de 98 %.
Le ministre a présenté cette performance comme l’une des meilleures enregistrées depuis 2022, année marquée par un boom minier. Il a notamment souligné les résultats des régies financières : la Direction générale des douanes et accises (DGDA) a réalisé 123 % de ses assignations, la Direction générale des impôts (DGI) 117 % et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) 105 %. Les recettes des pétroliers producteurs sont, en revanche, restées à 52 % des prévisions.
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Malgré les difficultés, Doudou Fwamba a défendu la gestion des finances publiques durant l’exercice écoulé.
« Malgré les contraintes liées à la guerre, l’exécution du budget 2025 témoigne d’une tenue remarquable de nos finances publiques », a-t-il déclaré devant les députés nationaux.
Le ministre a également rappelé le contexte sécuritaire dans lequel le budget 2025 a été exécuté, notamment la perte de recettes provenant du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans un contexte marqué par la chute de Goma et de Bukavu.
Il a évoqué les moyens engagés par le Gouvernement pour faire face à l’agression dans l’Est du pays et poursuivre les démarches diplomatiques en faveur de la RDC.
« Nous n’avons pas abdiqué », a-t-il affirmé.
Il a ainsi réitéré la détermination du Gouvernement à défendre l’intégrité territoriale du pays malgré les contraintes sécuritaires et humanitaires.
Au cours de sa présentation, Doudou Fwamba a également abordé les dépenses engagées dans les programmes de modernisation des infrastructures routières à Kinshasa. Selon lui, le Gouvernement a consacré 712 milliards de FC à plusieurs programmes de modernisation de la voirie en 2025.
« Tous les bruits que vous avez entendus sur les contrats chinois à Kinshasa n’ont jamais permis de construire 100 km de routes », a-t-il martelé, évoquant les débats autour des contrats chinois liés aux infrastructures routières.

Le ministre a par ailleurs mis en avant certaines évolutions dans la gestion des finances publiques, notamment l’inscription du produit des emprunts intérieurs parmi les recettes exceptionnelles du budget général et l’élargissement du périmètre des budgets-programmes, passé de sept à vingt ministères.
À l’issue de la présentation, l’Assemblée nationale, présidée par Aimé Boji Sangara, a déclaré le projet de loi recevable. À la suite d’une motion incidentielle du député national Patrick Matata, le débat a été suspendu et le texte transmis à la commission ECOFIN pour un examen approfondi de sept jours.
Le projet porte sur la reddition des comptes de la loi de finances du 20 décembre 2024, telle que modifiée par la loi de finances rectificative du 28 juin 2025.
L’examen en commission devra permettre aux députés d’approfondir les chiffres relatifs aux recettes et aux dépenses de l’État avant la poursuite de la procédure parlementaire.
Lydia Mangala


