À l’occasion de la campagne internationale Octobre Rose 2026, la Dynamique Femme de l’Université catholique du Congo (UCC), en partenariat avec l’ONG Elixir Cancer et avec l’appui de la Faculté de médecine et de Safecheck RDC, organise deux journées de sensibilisation au cancer du sein, les 27 et 28 octobre, sur le site universitaire de Limete, à Kinshasa.
Au travers des échanges avec des professionnels de santé, des démonstrations pédagogiques et des activités participatives, cette initiative vise à encourager le dépistage précoce et à libérer la parole autour d’une maladie encore entourée de tabous.
Placée sous le thème « Le savoir sauve : osons parler du cancer du sein, bâtissons l’avenir par la prévention », cette campagne entend rapprocher l’information médicale des étudiants et rappeler l’importance d’une prise en charge rapide face aux signes suspects.
Le dépistage précoce, un enjeu majeur face aux diagnostics tardifs
Lors des échanges de la première journée, la Dre Grâce Munyampara, médecin-conseil chez Safecheck RDC, a insisté sur les conséquences du manque de sensibilisation et du recours tardif aux structures de santé. Évoquant des statistiques de 2022 présentées durant son intervention, elle a fait état de 7 385 cas et de 4 254 décès, soulignant l’ampleur du défi de la détection précoce.
« Le principe avec le cancer, plus il est détecté tôt, plus vous avez des chances de guérir », a-t-elle expliqué.

Elle a attiré l’attention sur les retards de dépistage qui conduisent souvent les patientes à consulter à un stade avancé de la maladie.
La médecin a également rappelé que le cancer du sein peut concerner les hommes, même si les femmes restent les principales personnes touchées. Elle a évoqué plusieurs facteurs de risque, notamment le tabac et l’alcool, tout en distinguant les facteurs modifiables de ceux qui ne le sont pas, comme le sexe et les prédispositions génétiques.
Les signes d’alerte à ne pas négliger
Rebecca Kamba, médecin au sein de l’équipe Elixir, a présenté les principaux signes susceptibles d’alerter entre autres une masse dans le sein, une modification de la texture de la peau pouvant prendre l’aspect d’une peau d’orange, un écoulement du mamelon ou encore sa rétraction.
La présence d’une boule ne signifie pas systématiquement qu’il s’agit d’un cancer. Elle constitue néanmoins un motif de consultation médicale, tout comme tout changement inhabituel au niveau du sein.
La médecin a détaillé les étapes du parcours de diagnostic, qui commence notamment par un interrogatoire médical et un examen clinique. Selon la situation et l’âge, des examens d’imagerie, dont l’échographie mammaire ou la mammographie, peuvent être prescrits. Une analyse anatomopathologique peut ensuite être nécessaire pour confirmer ou écarter la présence de cellules cancéreuses.
Rebecca Kamba a également souligné le rôle des universités dans la prévention, estimant que les campagnes de sensibilisation et les descentes sur le terrain peuvent contribuer à mieux faire connaître la maladie et à briser les tabous qui entourent la santé des seins.
L’autopalpation pour mieux connaître son corps
De son côté, Eliel Kyembwa, chargé de la coordination entre Elixir et l’Université, a mis l’accent sur l’autopalpation comme moyen de familiarisation avec son propre corps et de repérage d’éventuelles modifications.
« C’est un examen très simple qui se réalise avec les instructions de l’hôpital. On essaie de connaître son corps », a-t-il expliqué.

Il a insisté insistant sur l’importance de reconnaître les changements inhabituels et de solliciter un avis médical.
L’autopalpation ne remplace toutefois ni l’examen clinique ni les examens de dépistage recommandés par un professionnel de santé. Elle peut aider à remarquer une anomalie, mais seul un parcours médical adapté permet d’en déterminer la nature.
Les étudiants au cœur de la prévention
Sous la conduite de Bénédicte Kinkela, à la tête de la Dynamique Femme UCC, cette initiative associe information médicale et activités participatives. Des stands, des démonstrations pédagogiques, un atelier de peinture, un mur d’engagement, un stand photo, des jeux et des ateliers créatifs figurent au programme des deux journées.
Les intervenants ont démontré la nécessité de connaître les signes d’alerte, consulter en cas de changement inhabituel et accéder à un diagnostic précoce peuvent améliorer les chances de prise en charge face au cancer du sein.
La campagne se poursuit ce mercredi 28 octobre sur le site de Limete, avec l’ambition de renforcer les connaissances des étudiants et de faire de la prévention une responsabilité collective.
Lydia Mangala


