Une motion de défiance visant la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a déjà recueilli 89 signatures à l’Assemblée nationale. Initiée par le député national André Mushongo, cette démarche fait suite aux conclusions d’une enquête parlementaire sur la gestion des quotités et des frais connexes perçus auprès des établissements d’enseignement supérieur et universitaire. Le dépôt de la motion est annoncé pour jeudi.
La gestion des ressources financières au sein du secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire est au cœur d’une nouvelle initiative parlementaire en République démocratique du Congo. À l’origine de cette démarche, le député national André Mushongo entend engager la responsabilité de la ministre de l’ESU à travers une motion de défiance, dont 89 signatures auraient déjà été récoltées.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des recommandations formulées par l’Assemblée nationale à la suite d’une enquête parlementaire consacrée à la gestion des quotités ministérielles et des frais connexes supportés par les établissements d’enseignement supérieur et universitaire.
Plusieurs irrégularités présumées dénoncées
Parmi les principaux griefs évoqués figure la gestion de la quotité destinée à la numérisation. Selon les éléments avancés par les députés à l’origine de cette démarche, le compte bancaire concerné serait géré par la fille de la ministre, présentée comme chargée d’études au sein de son cabinet.
Les élus mettent également en cause le non-reversement de certaines quotités destinées au secrétaire général du ministère, aux trois conseils d’administration, à l’Intendance générale ainsi qu’à d’autres services relevant de l’ESU.
Autre point de contestation : le blocage des assignataires budgétaires à travers la quotité du Fonds de promotion de l’éducation et de la formation (FPEF), acquittée par les établissements concernés.
La multiplicité des quotités affectées au cabinet ministériel figure également parmi les préoccupations soulevées par les parlementaires, qui dénoncent par ailleurs la création d’un compte bancaire unique regroupant l’ensemble de ces ressources.
Une enquête parlementaire au centre du dossier
L’enquête à l’origine de ces révélations a été initiée par le député national et professeur André Mushongo.
Les travaux de la commission d’enquête parlementaire ont été conduits sous la présidence du professeur Serverin Bamany. Le professeur Emmanuel Mukendi en a assuré le rapportariat, tandis que le professeur Jean-Paul Segihobe a occupé les fonctions de rapporteur adjoint.
Les conclusions de cette commission constituent un élément central de la démarche engagée contre la ministre de l’ESU. Les griefs soulevés portent notamment sur la traçabilité des ressources collectées, leur affectation ainsi que les modalités de gestion des différents comptes bancaires concernés.
Jeudi, une étape décisive attendue
Avec 89 signatures déjà annoncées, la motion de défiance pourrait ouvrir une nouvelle séquence dans les relations entre la ministre de l’ESU et la représentation nationale.
Son dépôt, annoncé pour jeudi, devrait permettre d’engager la suite de la procédure parlementaire. Les accusations formulées devront toutefois être examinées dans le respect des mécanismes institutionnels applicables.
Au-delà de cette initiative, le dossier remet au centre du débat la question de la transparence financière et de la redevabilité dans la gestion des ressources du secteur de l’enseignement supérieur et universitaire en RDC.
Joséphine Mawete


