Trente ans après la prise d’Uvira, le 24 octobre 1996, qui a marqué une étape majeure de la Première Guerre du Congo, la Première Dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, appelle à préserver la mémoire des victimes et à poursuivre le plaidoyer pour la reconnaissance internationale des génocides commis en RDC. À cette occasion, elle a invité les Congolais et les personnes éprises de justice à signer une pétition en faveur de cette reconnaissance, dans le cadre de la campagne Genocost.
Dans son message commémoratif, Denise Nyakeru a rendu hommage aux millions de victimes des violences qui ont marqué l’histoire récente du pays, ainsi qu’aux personnes qui leur ont porté secours.
Elle a insisté sur les souffrances qui continuent de traverser les générations et sur la nécessité de donner une place aux victimes dans la mémoire collective.
« Cette journée est un appel à notre conscience, car il est des douleurs qui marquent à jamais et traversent des générations. Il est des silences qui, à force d’être imposés, finissent par peser sur la conscience des peuples », a-t-elle déclaré.
En sa qualité de Première Dame et de championne globale de la prévention des violences sexuelles liées aux conflits, elle a également adressé un message de solidarité aux survivantes et survivants.
« Nous vous voyons, nous vous entendons et nous œuvrons pour que votre souffrance ne soit pas oubliée. Car préserver la mémoire, c’est refuser l’oubli et décourager l’impunité », a-t-elle souligné.
En dehors du devoir de mémoire, Denise Nyakeru a appelé à mettre fin au silence entourant les crimes commis sur le territoire congolais. Elle a plaidé pour que les victimes soient écoutées, protégées et accompagnées, tandis que les auteurs répondent de leurs actes.
« Le silence ne doit plus protéger les auteurs afin que ces derniers répondent de leurs actes. La honte ne doit jamais peser sur les victimes », a-t-elle affirmé.
La Première Dame a également défendu la démarche visant à obtenir la reconnaissance internationale des génocides commis en RDC, estimant que certains faits, actes et campagnes de violence documentés sont susceptibles de recevoir cette qualification.
« Cette initiative ne vise ni à opposer les mémoires, ni à raviver les blessures. Elle vise plutôt à restaurer la dignité des victimes et à ouvrir le chemin de la justice, de la réparation, de la non-répétition de ces tragédies et, enfin, à poser des fondements d’une paix réellement durable », a-t-elle expliqué.
Pour donner une portée concrète à cet engagement, Denise Nyakeru a invité les Congolais, ceux de la diaspora ainsi que toutes les personnes attachées à la justice à signer et à partager la pétition portée dans le cadre de la campagne Genocost.
Elle présente cette démarche comme un moyen de faire entendre les revendications des victimes et de soutenir la lutte contre l’impunité.
« Signer cette pétition, ce n’est pas seulement apposer un nom sur une liste. C’est activement briser le cycle de la récidive et refuser d’être complice », a-t-elle insisté.
La pétition est accessible en ligne via ce lien : c.org/zzWQJp6GSx.
En conclusion, elle a rappelé l’importance de reconnaître les souffrances des victimes pour leur restituer leur dignité et contribuer à une paix durable.
« Reconnaître n’est pas diviser. Reconnaître, c’est humaniser. Reconnaître, c’est permettre aux victimes de retrouver leur place dans notre mémoire collective », a déclaré la Première Dame, avant d’appeler chacun à faire entendre la voix des victimes congolaises.
Trente ans après la prise d’Uvira, cet appel remet au centre du débat la mémoire des violences, la reconnaissance des crimes, la justice pour les victimes et la nécessité de prévenir la répétition de telles tragédies.
Lydia Mangala


