La députée nationale congolaise Christelle Vuanga plaide pour une prise en charge durable des cantines scolaires en Afrique, fondée sur la mobilisation des ressources nationales et le soutien à l’agriculture locale. Lors de son intervention au KIX, à Nairobi, elle a souligné la nécessité de lier les politiques d’alimentation scolaire à la lutte contre l’insécurité alimentaire sur le continent.
Nourrir les élèves, au-delà des financements extérieurs
Pour l’élue congolaise, la question des cantines scolaires ne peut être dissociée des défis liés à l’insécurité alimentaire en Afrique. Elle estime que l’alimentation des enfants en milieu scolaire doit constituer une priorité nationale, plutôt que de reposer essentiellement sur les financements des partenaires internationaux.
En République démocratique du Congo (RDC), comme dans d’autres pays africains, la dépendance à l’égard des financements extérieurs expose les programmes d’alimentation scolaire au risque d’interruption lorsque ces soutiens prennent fin.
« Les partenariats sont indispensables, mais la responsabilité de nourrir nos enfants doit rester celle de nos États », a rappelé Christelle Vuanga.
Miser sur les producteurs locaux et les ressources nationales
Pour garantir la pérennité des cantines scolaires, la députée préconise des investissements durables, un accompagnement des agriculteurs locaux et une meilleure mobilisation des ressources nationales.
Cette approche vise à renforcer les liens entre l’alimentation scolaire, la production agricole locale et les politiques publiques, tout en réduisant la dépendance aux financements extérieurs.
Au-delà de la nutrition des élèves, l’enjeu est également économique : soutenir les producteurs locaux peut contribuer à dynamiser les filières agricoles nationales et à favoriser des systèmes alimentaires plus résilients.
La souveraineté alimentaire commence à l’école
À travers cette intervention, Christelle Vuanga défend une vision de l’alimentation scolaire comme un levier de souveraineté alimentaire et de développement. Pour elle, garantir aux enfants des repas à l’école relève avant tout de la responsabilité des États et doit s’inscrire dans une politique publique durable.
« La souveraineté alimentaire commence aussi dans l’assiette de nos enfants », a-t-elle souligné, rappelant que nourrir les élèves ne saurait être considéré comme une simple assistance temporaire.
Son plaidoyer met ainsi en lumière un défi majeur pour les pays africains : construire des mécanismes de financement pérennes afin que l’accès à l’alimentation scolaire ne soit pas compromis par les aléas de l’aide extérieure.
Joséphine Mawete


