La Fédération nationale des jeunes entrepreneurs du Congo (FNJEC) monte au créneau contre l’utilisation présumée abusive de son identité institutionnelle à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Dans un communiqué officiel publié le 24 octobre 2026 à Kinshasa, sa Coordination nationale dénonce des initiatives menées sans mandat officiel et annonce se réserver le droit de saisir les juridictions compétentes.
La Fédération nationale des jeunes entrepreneurs du Congo (FNJEC) a fermement condamné l’utilisation de son nom et de ses insignes à des fins politiques par un groupe de personnes non identifiées à Goma. Dans son communiqué officiel n° 004/FNJEC/CN/EMI/10/26/BPK, l’organisation affirme que ces personnes se présenteraient comme des représentants de la jeunesse entrepreneuriale sans disposer d’une autorisation institutionnelle.
Dans cette déclaration, la Coordination nationale déplore une situation qu’elle considère comme une usurpation de son identité. Elle met notamment en cause Pacifique Pataoli, présenté comme coordonnateur honoraire de la FNJEC au Nord-Kivu, dont elle conteste les initiatives actuelles.
Selon le document, Pacifique Pataoli aurait été suspendu de ses fonctions le 10 mars 2025. La FNJEC lui reproche de chercher à se positionner comme un leader de la jeunesse à des fins personnelles, dans une région marquée par l’insécurité et l’occupation de certaines zones par des groupes armés. Ces accusations émanent de la Coordination nationale et n’ont pas été accompagnées, dans le communiqué, d’une réponse de l’intéressé.
Nord-Kivu et Sud-Kivu : des activités suspendues
Pour justifier sa position, la FNJEC rappelle avoir suspendu l’ensemble de ses activités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elle situe cette décision au jeudi 22 mars 2026 et précise qu’aucune initiative menée au nom de la Fédération dans ces deux provinces ne saurait être considérée comme officielle sans un mandat dûment délivré par ses instances compétentes.
Cette mise au point vise à dissocier l’organisation des démarches entreprises par des personnes qui pourraient se réclamer de son identité sans en avoir la qualité. La Coordination nationale appelle ainsi l’opinion publique à faire preuve de vigilance face aux initiatives qui se présentent sous le nom de la FNJEC.
Des poursuites judiciaires envisagées
Au-delà de la dénonciation publique, la Fédération annonce qu’elle se réserve le droit de saisir les juridictions compétentes, tant nationales qu’internationales, afin que les responsabilités soient établies.
Elle estime que les personnes impliquées dans ces agissements présumés doivent répondre de leurs actes devant les instances habilitées. Toutefois, le communiqué ne fait état d’aucune procédure judiciaire déjà engagée.
La FNJEC considère également que cette affaire interpelle les dirigeants de la région sur la nécessité de préserver les initiatives citoyennes et entrepreneuriales des jeunes de toute instrumentalisation politique.
Une organisation qui revendique son caractère apolitique
Dans sa déclaration, la FNJEC réaffirme son caractère strictement apolitique ainsi que son appartenance à la société civile économique congolaise. Elle salue les efforts du président de la République et du gouvernement en faveur de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, tout en réaffirmant son attachement aux institutions légalement établies.
L’organisation condamne par ailleurs toute rébellion armée sur le territoire congolais et rejette les tentatives de conquête du pouvoir ou de revendication par les armes. Elle réitère son engagement en faveur de la paix, du dialogue, de l’unité nationale et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes.
Signé à Kinshasa le 24 octobre 2026 par le coordonnateur national, Erick Makuala Ingebansi, le communiqué constitue une mise au point institutionnelle destinée à clarifier la position de la Fédération face aux initiatives qu’elle désavoue dans l’Est du pays.
Au-delà des accusations formulées, l’enjeu est celui de la légitimité de la représentation des jeunes entrepreneurs dans une région fragilisée par le conflit. La FNJEC entend faire respecter son identité et ses décisions internes, tandis que l’établissement des responsabilités éventuelles relève des instances compétentes.
Ben Mandjolo


