À l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée ce 8 septembre 2026, le Directeur général de l’UNESCO, le Pr. Khaled El-Enany, alerte sur les millions de personnes encore privées des compétences fondamentales en lecture et en écriture. Alors que le taux d’alphabétisation des jeunes a progressé de 75 % à 93 % entre 1975 et 2024 et celui des adultes de 65 % à 88 %, l’UNESCO estime que l’urgence demeure considérable.
Soixante ans après la création de cette Journée internationale, le constat reste contrasté. Les progrès mondiaux sont réels, mais ils ne suffisent pas encore à garantir à chacun l’accès à ce droit fondamental. En 2024, 739 millions d’adultes ne maîtrisent toujours pas les compétences de base en lecture et en écriture, dont deux tiers sont des femmes.
À ces chiffres s’ajoutent 273 millions d’enfants et de jeunes non scolarisés, tandis que, dans les pays à revenu faible et intermédiaire, 70 % des enfants âgés de 10 ans ne savent pas lire et comprendre un texte simple.
Dans son message à l’occasion de cette 60ᵉ édition, le Pr. Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO, rappelle que l’alphabétisation demeure « un droit fondamental de l’être humain » et un levier capable de transformer les vies, les économies et les sociétés.
Les avancées enregistrées au cours des dernières décennies témoignent de l’impact de la coopération internationale. Entre 1975 et 2024, le taux d’alphabétisation des jeunes est passé de 75 % à 93 %, tandis que celui des adultes a progressé de 65 % à 88 %.
Mais derrière ces progrès subsistent des millions de parcours interrompus et de potentiels inexploités.
« Ces chiffres représentent autant d’occasions manquées et de potentiels inexploités, ainsi que le déni d’un droit fondamental de l’être humain », souligne le Pr. Khaled El-Enany.
L’un des principaux défis demeure l’inégalité entre les sexes. Sur les 739 millions d’adultes qui ne disposent pas des compétences de base en lecture et en écriture, environ deux sur trois sont des femmes.
L’UNESCO entend donc placer l’égalité des genres au cœur de ses interventions, en accompagnant les États dans la lutte contre les normes sociales, les obstacles et les inégalités qui continuent de limiter l’accès à l’éducation.
Cette orientation s’inscrit dans la Stratégie de l’UNESCO pour l’alphabétisation des jeunes et des adultes 2020-2029, qui vise notamment à élargir l’accès à l’éducation, renforcer les systèmes d’enseignement public et soutenir les initiatives communautaires.
Pour l’UNESCO, l’alphabétisation ne peut plus être limitée aux seules capacités de lire et d’écrire. Dans un environnement où l’information se multiplie rapidement, de nouvelles compétences deviennent indispensables.
L’organisation met ainsi l’accent sur l’éducation aux médias et à l’information, l’intelligence artificielle et la capacité à identifier la mésinformation et la désinformation.
L’objectif est de permettre aux citoyens de développer leur discernement et leur esprit critique, notamment dans les espaces numériques.
Proclamée par l’UNESCO en 1966, lors de sa 14ᵉ Conférence générale, la Journée internationale de l’alphabétisation célèbre cette année son 60ᵉ anniversaire sous le thème : « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité ».
Les célébrations mondiales se tiennent les 8 et 9 septembre 2026 au Mexique, en collaboration avec le gouvernement mexicain. Elles comprennent notamment la remise des Prix internationaux d’alphabétisation de l’UNESCO, qui distinguent des programmes remarquables à travers le monde.
Pour le Directeur général de l’UNESCO, cet anniversaire doit surtout servir à regarder au-delà des progrès réalisés et à identifier les réponses à apporter aux défis encore présents.
« Renouvelons notre engagement en faveur de l’action qu’il nous reste à accomplir pour mettre à profit le pouvoir transformateur de l’alphabétisation au bénéfice des peuples, de la planète et d’une prospérité partagée », plaide le Pr. Khaled El-Enany.
Soixante ans après la proclamation de cette Journée, les chiffres racontent donc une double réalité : des progrès considérables, mais encore 739 millions d’adultes laissés en marge des compétences fondamentales.
Pour l’UNESCO, le prochain défi est désormais de transformer ces avancées en accès universel à une alphabétisation adaptée aux réalités du XXIᵉ siècle.
Lydia Mangala


