Kinshasa, samedi 28 mars 2026. Face à la prolifération inquiétante des boissons frelatées communément appelées « Zododo »ou « Soupu na tolo » et de certains produits aphrodisiaques jugés nocifs, les autorités provinciales de Kinshasa haussent le ton. Trois ministres provinciaux ont décidé d’unir leurs efforts afin de mettre fin à ce phénomène qui menace particulièrement la santé des jeunes.
À l’initiative du ministre provincial en charge de la Jeunesse, Bob Amisso Yoka Lumbila, une réunion stratégique a été organisée avec ses homologues, le docteur Patricien Gongo, ministre provincial de la Santé, et Fiston Lukwebo, ministre provincial de l’Industrie et du Commerce. Au cœur des échanges : la nécessité urgente de réglementer, voire interdire, la production et la commercialisation de ces substances dangereuses qui circulent librement dans la capitale.

À l’issue de cette concertation, les trois membres du gouvernement provincial ont convenu de la mise en place d’une commission tripartite. Cette structure aura pour mission d’élaborer des propositions concrètes en vue de la signature d’un arrêté par le gouverneur de la ville. L’objectif principal est clair : éradiquer la fabrication et la vente de boissons toxiques, souvent produites dans des conditions clandestines et sans aucun contrôle sanitaire.
Selon les autorités, ces mesures ne se limiteront pas uniquement aux boissons frelatées. Certains aphrodisiaques, de plus en plus populaires auprès de la jeunesse kinoise, pourraient également être concernés par cette interdiction. Plusieurs observations sur le terrain ont en effet révélé les effets néfastes de ces produits sur la santé, allant de troubles cardiovasculaires à des complications graves.
Dans le cadre de cette offensive, des opérations de contrôle et de répression seront prochainement lancées. Des équipes mixtes effectueront des descentes sur le terrain afin d’identifier et de démanteler les réseaux de production et de distribution illégaux. Les autorités promettent une tolérance zéro à l’égard des contrevenants.
Parallèlement aux actions répressives, une vaste campagne de sensibilisation sera déployée dans les communes de Kinshasa. Celle-ci ciblera en priorité les jeunes, principaux consommateurs de ces produits. L’objectif est de les informer sur les dangers encourus et de promouvoir des comportements responsables en matière de santé.
Pour les initiateurs de cette démarche, il s’agit avant tout de protéger la jeunesse kinoise, considérée comme le pilier du développement futur de la ville. Cette mobilisation intersectorielle marque ainsi un tournant dans la lutte contre les produits nocifs à Kinshasa, et pourrait inspirer d’autres provinces confrontées aux mêmes défis.
Les prochains jours seront déterminants pour la mise en œuvre effective de ces mesures, attendues avec attention par la population
Ben Mandjolo


