En itinérance à Mbuji-Mayi, le président Félix-Antoine Tshisekedi et la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi ont pris part, dimanche 30 août 2026, à la dédicace de la Paroisse universitaire Notre-Dame de l’Espérance (PUNDE). Au-delà de la portée spirituelle de cette cérémonie historique, l’événement a offert à l’Église locale l’occasion de placer plusieurs priorités de développement du Grand Kasaï au cœur des échanges avec le Chef de l’État.
Présidée par Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, la messe solennelle de dédicace a réuni plusieurs autorités et de nombreux fidèles autour de cet événement marquant pour cette communauté paroissiale.
La cérémonie vient couronner un long parcours de foi et de persévérance. Fondée en 1985, la paroisse Notre-Dame de l’Espérance totalise aujourd’hui plus de quatre décennies d’existence. Son curé, l’abbé Blaise Kanda, est revenu sur le chemin parcouru et les efforts consentis pour ériger ce nouvel édifice.

« Il y a dix ans, nous avons commencé à construire. C’était un rêve fou. Nous n’avions pas de moyens, mais nous avons cru en Dieu », a-t-il déclaré, saluant la mobilisation des fidèles et des différents bienfaiteurs ayant contribué à la réalisation du projet.
Selon lui, après plusieurs années de difficultés dans la construction, l’appui du Président de la République, intervenu il y a trois ans, a constitué une contribution importante à l’aboutissement de cette œuvre.
La dédicace de la Paroisse universitaire Notre-Dame de l’Espérance consacre ainsi l’aboutissement d’un projet porté pendant plusieurs années par la communauté catholique locale.
Après le rite solennel de l’ouverture des portes de l’église, le couple présidentiel, accompagné des autres autorités présentes, a effectué une première entrée dans ce nouvel édifice religieux, considéré comme l’un des nouveaux repères architecturaux et spirituels de la ville de Mbuji-Mayi.
Le complexe comprend notamment l’église, un presbytère ainsi qu’un sanctuaire marial, venant renforcer les infrastructures religieuses et pastorales de la région.
La présence du Chef de l’État a également permis de mettre en lumière les préoccupations socio-économiques qui préoccupent les populations du Kasaï-Oriental et de l’ensemble du Grand Kasaï.
Prenant la parole devant le Président de la République, Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda s’est fait le porte-voix des attentes de la région en matière de développement.
L’évêque de Mbuji-Mayi a particulièrement insisté sur la nécessité d’améliorer l’accès à l’énergie électrique, qu’il considère comme une condition essentielle à l’industrialisation et à la transformation économique du Grand Kasaï.
Il a notamment plaidé pour l’accélération du projet de la centrale hydroélectrique de Tubi Tubidi II, annoncée avec une capacité de 39 MW.
« Le Grand Kasaï demeure encore dans l’attente d’une étincelle qui mettra le feu à son potentiel, à savoir l’énergie électrique indispensable à la réalisation des grands projets structurants », a déclaré Mgr Kasanda.
Pour l’évêque, le déficit énergétique continue de freiner la création d’industries et d’emplois dans cette partie du pays.

« Là où manque l’énergie électrique, les usines peinent à naître, les récoltes attendent d’être transformées, les emplois demeurent des promesses et nos villes avancent au ralenti sur le chemin du progrès », a-t-il insisté.
La relance de la Minière de Bakwanga (MIBA) a également figuré parmi les principales préoccupations soulevées devant le Chef de l’État. Pilier historique de l’économie du Kasaï-Oriental, l’entreprise demeure au centre des attentes liées à la revitalisation économique de la province.
Mgr Kasanda a également évoqué la situation de la SACIM, tout en plaidant pour la concrétisation d’un projet de cimenterie locale capable de soutenir le développement des infrastructures et de réduire le coût des matériaux de construction dans la région.
Les différentes préoccupations exprimées lors de cette cérémonie devraient trouver un prolongement lors de la Conférence sur le développement du Grand Kasaï, annoncée du 5 au 7 octobre 2026 à Mbuji-Mayi.
Ces assises devraient réunir les différents acteurs concernés afin de réfléchir aux mécanismes susceptibles d’accélérer le développement de cette vaste région. Plusieurs secteurs sont concernés, notamment l’agriculture, l’industrie, l’investissement, la culture, l’éducation, l’énergie et les infrastructures.

Après plusieurs décennies d’attente et de persévérance, la consécration de ce nouvel édifice est devenue également une tribune pour rappeler les grands défis qui attendent le Kasaï-Oriental.
Entre foi et développement, l’Église locale a profité de la présence du Chef de l’État pour démontrer que le potentiel du Grand Kasaï reste immense, mais sa transformation passe désormais par des réponses concrètes aux défis de l’énergie, de l’industrialisation, de l’emploi et des infrastructures.
Lydia Mangala


