À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, la question de la coordination entre le Gouvernement central et les provinces s’impose comme l’un des enjeux majeurs de la gouvernance du secteur éducatif en République démocratique du Congo.
C’est dans ce contexte que les ministres provinciaux en charge de l’Éducation des 26 provinces sont réunis à Kinshasa, du 26 au 27 août 2026, pour une conférence consacrée à la gouvernance, aux réformes et à la préparation de la nouvelle année scolaire.
Catherine Balemba, ministre provinciale en charge de l’Éducation du Sud-Kivu, a salué cette initiative portée par la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga.
Pour elle, ces assises constituent une réponse à une difficulté longtemps observée dans le fonctionnement du secteur : le décalage entre les orientations définies au niveau central et leur mise en œuvre dans les provinces.
« Depuis longtemps, nous essayons de relever les défis dans le sous-secteur de l’éducation. Mais avec le décalage avec l’administration au niveau central et au niveau des provinces respectives », a expliqué Catherine Balemba.
Rapprocher la base du sommet
La ministre provinciale du Sud-Kivu considère la conférence comme une occasion de renforcer le lien entre les décideurs nationaux et les responsables qui assurent la mise en œuvre des politiques éducatives sur le terrain.
Elle a notamment salué l’initiative de Raïssa Malu, qu’elle considère comme une démarche permettant de rapprocher les différents niveaux de gouvernance.
« L’initiative qu’a eue la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, que nous encourageons et que nous félicitons, était bonne », a-t-elle déclaré.
Selon Catherine Balemba, l’un des intérêts majeurs de cette concertation réside dans la possibilité pour les provinces de mieux assurer le suivi des innovations et réformes décidées au niveau national.
« Cette initiative a visé à approcher la base du sommet parce qu’il y a des innovations qui sont proposées au niveau national et nous, au niveau provincial, nous devons faire le suivi pour que ces innovations atteignent la base », a-t-elle souligné.
L’enfant congolais au centre des priorités
Pour la représentante du Sud-Kivu, l’amélioration de la gouvernance éducative doit finalement se traduire par des résultats concrets pour les enfants.
Elle estime que les politiques publiques doivent permettre de réduire les disparités entre les différentes régions du pays et garantir un accès équitable à l’éducation.
« Cette base, c’est l’enfant congolais dans chaque coin du pays. Il doit avoir le même droit d’accès à l’éducation, que ce soit au fin fond de la République ou dans la capitale », a affirmé Catherine Balemba.
Cette vision rejoint l’un des principaux objectifs de la conférence : assurer une meilleure articulation entre les orientations nationales et les réalités spécifiques de chaque province.
Des réalités provinciales à mieux prendre en compte
Les échanges de Kinshasa interviennent alors que les provinces font face à des situations différentes, notamment en matière d’infrastructures scolaires, de disponibilité des enseignants, de déplacements de populations, d’insécurité et de continuité des apprentissages.
Pour les responsables provinciaux, la concertation avec le niveau central doit permettre de mieux faire remonter ces difficultés et de rechercher des réponses adaptées.
Dans cette perspective, la conférence offre un cadre destiné à examiner les résultats de l’année scolaire 2025-2026, à évaluer le niveau de préparation de la rentrée 2026-2027 et à définir les responsabilités de chaque niveau de gouvernance.
Pour une éducation équitable sur l’ensemble du territoire
À travers son intervention, Catherine Balemba insiste ainsi sur la nécessité de rapprocher la politique éducative nationale des réalités vécues dans les provinces.
Pour elle, la réussite des réformes dépendra notamment de la capacité des différents acteurs à assurer leur suivi jusqu’à la base, là où les politiques éducatives produisent leurs effets : dans les écoles et auprès des élèves.
À quelques jours de la rentrée scolaire fixée au 2 septembre 2026, le Sud-Kivu entend ainsi contribuer à une dynamique de collaboration renforcée entre le Gouvernement central et les provinces, avec pour priorité commune de garantir à chaque enfant congolais un accès équitable à une éducation de qualité.
Joséphine Mawete


