Le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a lancé mardi 18 août les réunions d’arbitrage des prévisions de recettes devant alimenter l’avant-projet de loi de finances 2027. Ces échanges doivent permettre au gouvernement de fixer des objectifs de mobilisation des recettes à la hauteur de ses ambitions pour le prochain exercice budgétaire.
Dans son cabinet de travail, Adolphe Muzito, accompagné du Vice-ministre du Budget Elysé Bokumwana, a reçu successivement le ministre des Mines, les représentants du ministère du Portefeuille, ceux des Transports, de l’Environnement ainsi que le ministre des Postes et Télécommunications.
Les discussions ont porté principalement sur les perspectives d’accroissement des recettes et sur les moyens nécessaires pour permettre aux administrations d’atteindre, voire de dépasser, les assignations fixées par le gouvernement sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa.

L’une des principales orientations annoncées concerne le renforcement du contrôle des assujettis. Dans un système fiscal déclaratif, le gouvernement entend davantage accompagner les administrations dans le suivi des activités génératrices de recettes afin de mieux capter les flux financiers.
Désormais, les missions de contrôle sur le terrain devraient bénéficier d’une prise en charge par le Trésor public. Une mesure présentée comme un changement important dans la stratégie de mobilisation des recettes.
Au ministère des Transports, cette perspective est accueillie favorablement.
« Cette fois-ci, ça sera une première : c’est le Trésor public qui va prendre ça en charge. Et cela nous rassure pour dire que nous allons vraiment faire augmenter les recettes du ministère des Transports », s’est réjoui Nicolas Nkan, secrétaire général intérimaire au ministère des Transports.

Selon lui, le déploiement des équipes sur le terrain devrait permettre à l’administration de renforcer le contrôle et, par conséquent, d’améliorer ses performances en matière de recettes.
Le ministère des Mines fait également partie des secteurs appelés à contribuer davantage aux recettes publiques en 2027.
À l’issue de sa rencontre avec le Vice-Premier ministre du Budget, le ministre des Mines, Louis Watum, a salué la prise en compte des besoins de son administration pour renforcer les capacités de contrôle.
« Il faut une forte présence sur le terrain, il faut un inspectorat général des Mines qui est bien outillé, une administration qui est bien outillée, et tout cela demande de déployer du personnel sur le terrain, de les équiper, de les motiver », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, l’objectif est notamment de mieux contrôler les activités minières et de réduire les pertes de recettes liées aux insuffisances dans le suivi du secteur.
Le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat figure également parmi les portefeuilles ciblés par cette nouvelle stratégie de mobilisation.
Selon les orientations présentées lors des arbitrages, ce secteur devrait contribuer à hauteur de 300 milliards de francs congolais au budget 2027, notamment à travers le développement du crédit carbone et une politique plus offensive dans ce domaine.
Le gouvernement ambitionne de diversifier les sources de recettes publiques et de mieux valoriser le potentiel économique lié aux ressources environnementales de la RDC.
Le ministère des Postes et Télécommunications entend également accroître sa contribution au budget de l’État. Son responsable a insisté sur la nécessité de disposer de moyens suffisants pour renforcer la mobilisation des recettes.
« Si on arrive à nous donner assez des moyens, nous allons aller au-delà des recettes, puisque, pour preuve, ce qu’on nous a assigné pour l’exercice 2026, nous sommes allés au-delà des prévisions », a-t-il affirmé.

L’approche défendue lors de ces premières réunions d’arbitrage repose ainsi sur le principe de donner davantage de moyens aux administrations chargées de mobiliser les recettes afin qu’elles puissent améliorer leurs performances sur le terrain.
Le ministère du Budget entend donc préparer un avant-projet de loi de finances 2027 fondé sur des prévisions de recettes plus ambitieuses et sur un renforcement des mécanismes de collecte.
Le mot d’ordre donné aux différents services d’assiette est désormais de dépasser les assignations et accroître les recettes intérieures pour soutenir la mise en œuvre du programme du gouvernement.
Lydia Mangala


