Du 15 octobre au 15 novembre 2026, la 9ᵉ Biennale de Lubumbashi invite à repenser les rapports entre les ressources naturelles, la mémoire collective et les communautés. En soutenant cette plateforme internationale, Africell Impact Foundation entend contribuer au développement de l’écosystème artistique congolais et au rapprochement des talents locaux avec les réseaux culturels internationaux.
En République démocratique du Congo (RDC), où les ressources naturelles occupent une place centrale dans les débats économiques, politiques et sociaux, l’art contemporain propose un autre regard sur les richesses du pays : celui des territoires, des communautés et des histoires façonnées par l’exploitation des ressources.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la 9ᵉ édition de la Biennale de Lubumbashi, organisée du 15 octobre au 15 novembre 2026. Intitulée Eating the Soil, cette édition explore les héritages matériels, sociaux et imaginaires de l’extractivisme, en interrogeant notamment la manière dont l’exploitation des ressources transforme les territoires, les savoirs, les mémoires et les conditions de vie des populations.
À travers son soutien à cet événement, Africell Impact Foundation (AIF) place la création artistique au cœur d’une réflexion plus large sur le développement des communautés et la consolidation des industries culturelles en RDC.
« Eating the Soil » : quand la terre devient un sujet de réflexion collective
À Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga et ville profondément marquée par l’histoire minière, le choix du thème Eating the Soil revêt une portée particulière.
Au-delà de sa dimension esthétique, la Biennale propose d’interroger les conséquences de l’extractivisme sur les sociétés et les imaginaires. La terre n’y apparaît plus uniquement comme un réservoir de minerais et de richesses économiques, mais aussi comme un espace de mémoire, de transmission et d’existence collective.
Cette approche confère à l’art contemporain une fonction qui dépasse la création d’œuvres : celle de questionner les modèles de développement, de rendre visibles des expériences parfois marginalisées et d’ouvrir des espaces de dialogue sur les transformations des territoires.
Dans un pays dont les ressources minières occupent une place stratégique dans les chaînes de valeur mondiales, cette démarche invite également à s’intéresser à la dimension humaine de l’exploitation des richesses naturelles.
La Biennale entend ainsi faire dialoguer les expressions artistiques, la recherche critique et les expériences des communautés, tout en inscrivant les réalités congolaises dans des conversations culturelles internationales.
Africell Impact Foundation : investir dans les écosystèmes créatifs
Le sponsoring de cette édition traduit la volonté d’Africell Impact Foundation de soutenir les initiatives culturelles au-delà des grandes capitales et des circuits artistiques traditionnels.
Pour la Fondation, l’enjeu ne se limite pas à associer une marque à un événement international. Il consiste également à contribuer au développement de communautés artistiques capables de produire, de diffuser et de valoriser leurs œuvres dans des conditions plus favorables.
« Depuis 2008, la Biennale de Lubumbashi s’est forgé une réputation internationale tout en défendant les artistes locaux et en cultivant une approche singulière de l’art contemporain, fondée sur la recherche », souligne Adriana La Lime, responsable senior Arts et impact social d’Africell Impact Foundation.
Elle ajoute que la Fondation est fière de soutenir « les plateformes qui renforcent les communautés artistiques au-delà des capitales, créent des opportunités pour les talents locaux et les relient à des réseaux internationaux plus larges ».
Cette orientation s’inscrit dans la continuité des soutiens apportés par Africell à plusieurs plateformes artistiques internationales, notamment la 1-54 Contemporary African Art Fair à Londres, Also Known as Africa (AKAA) à Paris et la London Design Biennale.
L’ambition affichée est de prolonger cet engagement international par un accompagnement des écosystèmes créatifs locaux, à travers le développement des compétences, les échanges professionnels et la valorisation des talents émergents.
Reste un enjeu essentiel pour les industries culturelles africaines : faire en sorte que la visibilité offerte par les grands rendez-vous artistiques se traduise également par des débouchés professionnels, des collaborations durables et de meilleures perspectives économiques pour les créateurs.
La Biennale de Lubumbashi, près de vingt ans de rayonnement culturel
Fondée en 2008 par Picha, collectif d’artistes congolais et centre d’art et de recherche, la Biennale de Lubumbashi s’est progressivement imposée comme une plateforme de référence pour l’art contemporain en Afrique centrale.
Sa singularité repose notamment sur son ancrage local et sur l’importance accordée à la recherche, à la production artistique, au partage des connaissances et aux échanges professionnels.
Depuis près de deux décennies, cette initiative contribue à inscrire Lubumbashi dans les circuits internationaux de l’art contemporain, tout en maintenant une attention particulière aux réalités culturelles et sociales de la région.
Pour les artistes congolais, de telles plateformes peuvent constituer des espaces de rencontre avec des commissaires d’exposition, des chercheurs, des institutions culturelles et d’autres créateurs venus de différents horizons.
Elles participent aussi à la constitution d’un environnement dans lequel la création peut être pensée non seulement comme une expression individuelle, mais également comme un secteur porteur de compétences, d’emplois et d’opportunités.
Le défi consiste désormais à consolider ces acquis et à inscrire les initiatives artistiques dans une dynamique durable, au-delà de la durée des expositions et des événements.
Au-delà du sponsoring, la question de l’impact culturel
Le soutien d’entreprises privées aux initiatives culturelles soulève une question déterminante : comment transformer le financement ponctuel d’un événement en un véritable levier de développement pour les artistes et les communautés qui les entourent ?
Dans le secteur culturel, la réussite ne se mesure pas uniquement au nombre de visiteurs, à la couverture médiatique ou à la présence de personnalités internationales. Elle se mesure aussi à la capacité des initiatives à favoriser l’émergence de nouveaux talents, à créer des collaborations, à renforcer les compétences et à ouvrir des perspectives professionnelles.
C’est à cette aune que pourra également être apprécié l’impact du soutien apporté à la Biennale de Lubumbashi.
Pour la RDC, l’enjeu est d’autant plus important que le potentiel créatif du pays s’exprime dans un environnement où les mécanismes de financement, de diffusion et de professionnalisation des artistes peuvent encore être consolidés.
En soutenant une manifestation ancrée dans une ville dont l’histoire est étroitement liée à l’exploitation des ressources naturelles, Africell Impact Foundation contribue à placer la culture au centre des réflexions sur le développement local.
Cette démarche rappelle que la valeur d’un territoire ne se résume pas à ce qu’il extrait de son sous-sol. Elle réside également dans les idées qu’il produit, les histoires qu’il transmet et les talents qu’il permet de faire émerger.
Un mois de rencontres artistiques ouvertes au public
Du 15 octobre au 15 novembre 2026, la 9ᵉ Biennale de Lubumbashi réunira des artistes, des commissaires d’exposition, des chercheurs et des acteurs culturels congolais et internationaux autour d’expositions, de performances, de conversations et de programmes publics organisés dans différents lieux de la ville.
L’ensemble des expositions et activités annoncées est gratuit et ouvert au public, une disposition qui favorise l’accès aux propositions artistiques et encourage la participation des communautés locales.
À travers Eating the Soil, la Biennale entend ainsi faire de Lubumbashi un espace de création, de réflexion et de dialogue sur les rapports entre la terre, les ressources et les sociétés.
Le soutien d’Africell Impact Foundation s’inscrit dans cette dynamique, avec l’ambition de renforcer les liens entre les artistes congolais et les réseaux culturels internationaux.
Au-delà de l’événement, l’enjeu sera de faire de cette visibilité une opportunité durable pour la création congolaise : une culture qui ne se contente pas de raconter les transformations du pays, mais contribue aussi à façonner son avenir.
Joséphine Mawete


