À une semaine de la quatrième édition de « Du Virtuel au Réel » (VAR4), les organisateurs ont officiellement lancé les préparatifs de ce qui s’annonce comme l’un des plus grands rendez-vous du numérique en République démocratique du Congo. Réunis samedi 1er août au Novotel de Kinshasa, responsables de l’événement, partenaires institutionnels et privés ont présenté les ambitions de cette nouvelle édition prévue le 9 août prochain à l’Académie des Beaux-Arts, où plus de 10 000 jeunes sont attendus pour une journée consacrée à l’usage responsable du numérique, à la citoyenneté numérique et au réseautage.
Organisé par Team Booster Digital et Miteka Advertising, VAR4 s’impose désormais comme un rendez-vous majeur de la jeunesse numérique congolaise. L’initiative rassemble aujourd’hui une communauté de 10 732 membres, composée de créateurs de contenus, d’entrepreneurs, d’étudiants et de professionnels enregistrés via le portail de l’événement. Cette communauté représente une audience cumulée de plus de 32 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, soit une moyenne de près de 3 000 abonnés par membre.
Face aux médias, Bahati Kasindi, coordonnateur de VAR4 et directeur général de Miteka Advertising, est revenu sur la vision qui guide cette initiative depuis sa création. Selon lui, VAR n’a jamais été pensé comme un simple rassemblement de créateurs de contenus, mais comme un mouvement citoyen destiné à transformer les comportements dans l’univers numérique.
« Contrairement à ce que beaucoup pensent, notre combat consiste à donner la chance de promouvoir l’usage responsable des réseaux sociaux », a-t-il expliqué.

Placée sous le thème « Jeunesse ya BONNE QUALITÉ », cette quatrième édition invite les jeunes à réfléchir à l’impact de chacun de leurs actes sur Internet. Pour les organisateurs, la qualité ne se limite pas aux contenus publiés, mais concerne également les commentaires, les réactions et les interactions quotidiennes sur les plateformes numériques.
« Chaque fois que vous commentez une publication, demandez-vous si ce que vous allez écrire est un acte d’une jeunesse de bonne qualité. C’est dans ces petits gestes quotidiens que commence le changement », a insisté Bahati Kasindi.

L’édition 2026 marque également un tournant dans le contenu proposé. Si les précédentes éditions étaient essentiellement centrées sur les réseaux sociaux, VAR4 élargit désormais son champ d’action aux grands enjeux liés à la transformation numérique.
Le programme réunira des représentants des institutions publiques, du secteur privé et des partenaires internationaux autour de panels consacrés notamment à la réputation numérique, à la régulation d’Internet, à la citoyenneté numérique, aux droits et devoirs des internautes, à l’entrepreneuriat digital, à la lutte contre les violences faites aux femmes, à l’infodémie ainsi qu’aux nombreuses opportunités offertes par le numérique.
Parmi les temps forts annoncés figure un panel consacré aux conséquences humaines de la guerre dans l’Est de la RDC. Les organisateurs ont confirmé la participation d’experts du FONAREV, qui viendront échanger avec les jeunes sur les réalités vécues par les victimes et sur le rôle que peuvent jouer les plateformes numériques dans la sensibilisation.
« Quand on parle de la guerre, on a parfois l’impression de regarder un film. Nous voulons que les jeunes comprennent ce que vivent réellement les populations de l’Est et utilisent aussi les réseaux sociaux pour porter ces réalités », a expliqué Bahati Kasindi.

Pour Jonathan Batulukisi, membre de l’organisation, le choix du thème répond à une nécessité devenue urgente.
« Sur les réseaux sociaux, beaucoup pensent que les lois n’existent pas. Nous voulons rappeler que derrière chaque écran se trouvent de vraies personnes, avec des familles, des émotions et des droits. Il faut responsabiliser chaque jeune, chaque créateur de contenu, chaque influenceur et chaque média », a-t-il déclaré.

Interrogés sur la liberté d’expression, les organisateurs ont tenu à préciser que leur démarche ne vise pas à restreindre la créativité des internautes.
« La liberté ne devrait jamais rimer avec les insultes, les abus ou la haine. Elle doit produire des contenus qui nous ressemblent, nous enrichissent et valorisent notre société », a expliqué Bahati Kasindi.

Cette réflexion sera notamment alimentée par la présence du président du CSAC, appelé à échanger avec les participants sur les responsabilités juridiques liées aux contenus numériques.
Outre les conférences, VAR4 promet plusieurs innovations organisationnelles. Les responsables annoncent une amélioration importante de l’aménagement de l’Académie des Beaux-Arts afin de résoudre les difficultés observées lors de la précédente édition, notamment en matière de sonorisation, de circulation du public et d’accès aux différents espaces.
« Nous avons amélioré beaucoup d’aspects. Le système de son sera centralisé pour que tous les participants vivent la même expérience, où qu’ils soient installés », a assuré Bahati Kasindi, tout en laissant planer quelques surprises sur la scénographie de cette édition.

Les organisateurs ont également insisté sur la dimension collective de cette aventure. Malgré une communauté numérique qui compte désormais 10 732 membres et une audience cumulée de plus de 32 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, ils reconnaissent que l’événement continue de reposer largement sur le soutien de partenaires.
« Beaucoup pensent que nous gagnons énormément d’argent. En réalité, la majorité de nos partenaires nous apportent des services et des équipements plutôt qu’un financement direct. Sans eux, cette initiative ne pourrait pas exister », a reconnu Bahati Kasindi.

Parmi ces partenaires figure, pour la première fois, l’Ambassade des États-Unis en RDC. Représentant la mission diplomatique américaine, Hilary a salué une initiative qui place la jeunesse au cœur de l’économie numérique.
« Nous sommes très heureux de soutenir cet événement. Les jeunes Congolais sont déjà à l’avant-garde de l’économie numérique créative. Nous voulons favoriser des partenariats entre les entrepreneurs américains et les entrepreneurs congolais, particulièrement dans le domaine du numérique », a-t-il affirmé.

Il a également annoncé l’organisation, en septembre prochain, d’un programme baptisé Creators Congo, destiné à renforcer les liens entre les créateurs de contenus congolais et les initiatives américaines.

Le Novotel Kinshasa, partenaire historique de l’événement, a lui aussi réaffirmé son engagement. Son responsable marketing, Bienvenue Pombo, estime que soutenir VAR revient à investir dans une jeunesse porteuse de valeurs.
« Le thème de cette année est merveilleux. Nous croyons qu’il est essentiel d’accompagner une jeunesse responsable et de bonne qualité », a-t-il déclaré.

Pour Kratos Beat, membre de l’organisation, l’ambition dépasse largement la seule journée du 9 août.
« Ce thème n’est pas un slogan. Après l’événement, nous continuerons à sensibiliser, à accompagner et à corriger. On peut être un jeune de qualité quel que soit son métier. Ce qui compte, c’est la manière dont on agit et l’image positive que l’on renvoie », a-t-il conclu.

Plus de 10 000 créateurs de contenus, étudiants, entrepreneurs, professionnels et passionnés du numérique sont ainsi attendus le 9 août à l’Académie des Beaux-Arts. Ils sont invités à transformer, le temps d’une journée, le virtuel en un espace d’apprentissage, d’engagement citoyen et d’opportunités concrètes.
Pour les organisateurs, cette quatrième édition entend démontrer qu’au-delà des écrans, le numérique peut devenir un puissant levier de développement économique, social et citoyen pour la jeunesse congolaise.
Lydia Mangala


