Clôturant le Side Event organisé par le Fonds National de Réparation des Victimes (FONAREV) en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies et en présence du président de la République et de la première dame, le ministre des droits humains, Samuel Mbemba Kabuya a lancé un appel solennel à la communauté internationale pour la reconnaissance du génocide commis en République démocratique du Congo par le Rwanda.
Briser le silence international
Dans son allocution, Samuel Mbemba Kabuya a regretté le mutisme persistant des grandes institutions face à ce qu’il qualifie de « tragédie du siècle ».
Selon lui, malgré les nombreux rapports onusiens, du Rapport Mapping aux plus récents, dont celui de juillet 2025, les conclusions se limitent à qualifier les atrocités de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, sans jamais franchir l’étape de la reconnaissance du génocide.
« Nous sommes ici pour briser le silence et dire très haut ce que la communauté internationale s’abstient de nommer », a-t-il déclaré.
« Il était temps que les Congolaises et Congolais puissent dénoncer ce génocide et que le monde le reconnaisse », a-t-il ajouté.
Des faits incontestables mais des mots évités
Le ministre des droits humains a également souligné que de nombreuses ONG, parmi les plus crédibles, documentent la présence du Rwanda en RDC et les exactions commises contre les populations civiles.
Toutefois, le terme de « génocide » demeure systématiquement évité, ce qui, selon lui, reflète une réticence politique et diplomatique à nommer la réalité.
Pour Samuel Mbemba Kabuya, la définition juridique du génocide donnée par les experts du comité scientifique s’applique pleinement aux massacres en RDC.
« Nous sommes en présence d’un processus d’extermination des populations », a-t-il affirmé.
L’intentionnalité pointée du doigt
S’interrogeant sur les responsabilités, il a rejeté toute hypothèse d’un génocide planifié par le gouvernement congolais contre sa propre population.
En revanche, il a mis en avant plusieurs éléments imputables au Rwanda : des velléités expansionnistes, la mainmise sur les ressources naturelles congolaises, ainsi que la traque des réfugiés rwandais installés en RDC à la demande de la communauté internationale.
« C’est là que l’on peut déduire l’intentionnalité dans la panoplie des faits », a-t-il insisté, exhortant la communauté internationale à nommer les choses telles qu’elles sont et à identifier les véritables auteurs du génocide.
Un appel à la justice et à la vérité
En conclusion, le ministre Samuel Mbemba Kabuya a demandé que la souffrance du peuple congolais soit enfin reconnue à sa juste mesure et que les crimes commis soient qualifiés sans détour.
Pour lui, la reconnaissance du génocide en RDC constitue une étape indispensable pour restaurer la justice, la dignité et la mémoire des millions de victimes.
Le ministre des droits humains a donc invité les Nations Unies et les partenaires internationaux à nommer les choses telles qu’elles sont et à engager un processus de vérité, de justice et de réparation pour les victimes congolaises.
Lydia Mangala


