En République démocratique du Congo, le téléphone mobile est devenu pour une grande partie de la population la principale porte d’entrée vers Internet. Mais derrière la progression de la connectivité demeurent des défis liés à la couverture, au coût, à la qualité du service et à l’accès aux équipements.
Ces enjeux seront au cœur du panel « L’avenir de l’accès à l’Internet mobile en RDC », prévu dans le cadre de Creators Bomoko, les 18 et 19 septembre 2026 au Musée national de la RDC, à Kinshasa. La rencontre réunira Lydie Omanga et Gracien Idikaye, avec Sarah Kela à la modération.
Les dernières données disponibles montrent une progression des usages numériques en RDC. Selon l’Observatoire du marché de la téléphonie mobile, le nombre d’abonnements à l’Internet mobile a atteint 38,2 millions au premier trimestre 2026, pour un taux de pénétration de 34,1 %. Le trafic Internet mobile a également progressé de plus de 10 % sur le trimestre.
Ces chiffres témoignent de l’importance croissante du mobile dans les usages numériques. Mais ils montrent aussi qu’une part importante de la population reste encore en dehors de cet accès.
Les données de DataReportal, basées sur des sources telles que la GSMA Intelligence et l’UIT, estimaient pour leur part à 34,7 millions le nombre d’utilisateurs d’Internet en RDC à fin 2025, soit une pénétration de 30,5 %. Ces chiffres ne mesurent pas exactement la même chose que les abonnements mobiles, ce qui invite à les comparer avec prudence.
Vice-présidente de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), Lydie Omanga Dihandju intervient régulièrement sur les questions de transformation numérique et d’inclusion.
Elle défend notamment une approche du numérique qui ne se limite pas aux infrastructures, mais qui doit également permettre aux populations d’accéder à la connaissance, à la formation et aux opportunités économiques. Elle a notamment décrit le numérique comme un outil susceptible de renforcer l’autonomie des jeunes entrepreneurs et l’émancipation des femmes.
En 2026, elle a également conduit une délégation de l’ARPTC à l’assemblée annuelle d’ID4Africa, consacrée notamment à l’inclusion numérique et aux infrastructures publiques numériques.
Sa présence dans ce panel devrait permettre d’aborder la question de l’accès à Internet sous l’angle de la régulation, de l’inclusion et de l’évolution de l’écosystème numérique congolais.
Pour les créateurs de contenus, l’accès à Internet n’est pas une question abstraite. Une connexion stable permet de publier, d’échanger avec une communauté, de travailler avec des partenaires, de suivre des formations et parfois de générer des revenus.
La qualité et l’accessibilité de la connexion deviennent donc directement liées au développement de l’économie des créateurs.
Les disparités territoriales restent une question centrale dans un pays où les infrastructures numériques doivent encore être renforcées. Le gouvernement avait d’ailleurs identifié la réduction de la fracture numérique comme un défi important, notamment en matière de couverture et d’infrastructures.
L’avenir de l’Internet mobile ne dépendra pas uniquement du nombre de personnes couvertes par un réseau. Il faudra également considérer le prix des données, la qualité de la connexion, la disponibilité des équipements, les compétences numériques et la capacité des utilisateurs à tirer parti des services en ligne.
Pour les créateurs, cela signifie pouvoir produire et diffuser leurs contenus sans que les contraintes de connexion ne deviennent un frein permanent à leur activité.
Le panel devrait ainsi permettre de réfléchir aux conditions nécessaires pour que l’expansion de l’Internet mobile profite à davantage de jeunes, d’entrepreneurs et de créateurs congolais.
Avec « L’avenir de l’accès à l’Internet mobile en RDC », Creators Bomoko ouvre donc une discussion qui touche à la fois à la technologie, à l’économie et à l’inclusion.
La question sera notamment de savoir comment accompagner la progression des usages tout en réduisant les barrières qui empêchent encore une partie de la population de bénéficier pleinement du numérique.
Ce panel devrait replacer la connectivité au centre afin de faire de l’accès à Internet un véritable levier d’opportunités pour les Congolais, et notamment pour la nouvelle génération de créateurs numériques.
Lydia Mangala


