Plusieurs années d’expérience, des choix professionnels parfois inattendus et des leçons tirées des défis rencontrés ont été au cœur des échanges à l’amphithéâtre de Silikin Village, ce jeudi 17 septembre 2026. Patrick Muyaya s’y est retrouvé face aux jeunes de New Hope College pour partager son parcours, ses défis et sa vision du leadership. Organisée dans le cadre de « Tell Us More », la rencontre a mêlé partage d’expérience, questions-réponses, remise de certificats aux apprenants et octroi de bourses à plusieurs jeunes.
Ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya est journaliste de formation à l’IFASIC. Il a commencé sa carrière dans les médias avant d’intégrer progressivement la sphère politique et d’être nommé au Gouvernement en 2021.
Une rencontre pensée autour de l’expérience
La session s’est ouverte par une présentation de New Hope College, de son évolution et de ses différents programmes, notamment en anglais, en informatique et en conduite. Une vidéo a retracé le développement de l’établissement et sa volonté de mettre la formation et l’accès aux compétences au cœur de son action.
À la suite de cette projection, Blondel, apprenante de New Hope College, a présenté l’établissement en anglais, mettant en avant sa vision de l’éducation comme un investissement dans l’avenir du pays. Elle a également souligné l’importance de créer des passerelles entre les jeunes et des personnalités capables de partager leurs expériences et de leur servir de sources d’inspiration.
Elle a notamment rappelé que les formations dispensées en anglais, en informatique et en conduite visent à doter les apprenants de compétences utiles pour leur parcours professionnel. La séquence a également permis de mettre en avant la remise des certificats, présentés comme une reconnaissance du travail, de la discipline et de la détermination des apprenants.
Le concept « Tell Us More » repose précisément sur l’idée de créer un espace où les jeunes peuvent rencontrer des personnalités issues de différents domaines, découvrir leurs parcours et leur poser directement des questions. Pour cette édition, New Hope College avait choisi Patrick Muyaya autour du thème « Des rêves au leadership : le parcours, les défis, les leçons ».

Dans son mot d’accueil, Christian Biaya, CEO de New Hope College, a évoqué les démarches entreprises durant plusieurs années pour inviter le ministre.
« Cela fait trois ans que j’ai contacté votre bureau pour vous inviter, mais ce n’était pas facile pour nous de vous avoir. Trois ans. Et aujourd’hui est avec nous », a-t-il déclaré.
Une manière de rappeler aux jeunes que certaines opportunités demandent de la patience et surtout de la persévérance.
L’anglais, les premiers défis et l’apprentissage par soi-même
L’échange avec Patrick Muyaya s’est ensuite installé dans un format ouvert, alternant récit personnel et questions des participants.
Parmi les premiers sujets abordés, l’apprentissage de l’anglais. Le ministre a expliqué avoir développé cette compétence en dehors d’un parcours scolaire spécialisé, notamment grâce aux films et à la musique.
« Je n’ai pas eu l’opportunité ou l’occasion d’être à l’école, de commencer à apprendre comme certains d’entre vous aujourd’hui. J’ai appris l’anglais par moi-même. J’ai regardé des films, j’ai appris la musique », a-t-il expliqué.
Il a ainsi encouragé les jeunes à ne pas se limiter à une seule langue et à considérer l’apprentissage de l’anglais, du chinois et d’autres langues comme un atout supplémentaire.
Quand un rêve de pilote conduit au journalisme
Le récit a ensuite ramené Patrick Muyaya à ses premières aspirations. Alors qu’il rêvait de devenir pilote de chasse, une expérience auprès d’un journaliste sportif l’a progressivement rapproché du monde des médias.
« J’ai développé une passion pour la caméra. Et j’étais donc son caméraman. On allait faire du reportage, du catch, de la boxe, tout ça », a-t-il raconté.

Cette expérience l’a conduit vers le journalisme et, par la suite, vers l’IFASIC.
De cette période, il a retenu une exigence particulière du métier : la capacité à s’intéresser à plusieurs sujets.
« Lorsque vous êtes journaliste, vous ne devez pas connaître tout sur tout, mais vous devez connaître peu sur tout. Et le peu là que vous connaissez doit être consistant », a-t-il souligné.
Une conception du journalisme qui, dans son récit, repose sur la curiosité, la polyvalence et la solidité des connaissances.
Des détours professionnels assumés
Le parcours raconté aux jeunes ne s’est toutefois pas arrêté aux médias. Patrick Muyaya a également évoqué son passage vers le conseil politique, puis vers les institutions.
« Je suis né à Bandal, j’ai grandi à Bandal, j’avais des rêves de devenir pilote et puis finalement, je deviens conseiller de Premier ministre », a-t-il relaté.
Il a ainsi présenté son itinéraire comme une succession de choix et d’opportunités qui l’ont progressivement conduit vers d’autres responsabilités.
Devant les jeunes, il a également insisté sur la nécessité de connaître ses aspirations et de travailler à leur concrétisation.
« Dans la vie, il faut savoir ce que vous voulez. Moi, je n’ai pas été fait pour faire des affaires. Moi, j’ai été fait pour impacter », a-t-il affirmé.
Une vision qu’il a associée à la confiance en soi, à la constance et à la capacité de se démarquer.
« Quand vous avez une idée, vous avez confiance en vous, vous devez juste travailler. Travailler constamment. Et travailler et être différent. C’est la façon dont vous pouvez être vu », a-t-il conseillé.
Quand les difficultés deviennent des leçons
Les échanges ont également abordé les périodes difficiles qui jalonnent tout parcours professionnel.
« Je vis sans regrets. Non pas que je n’ai pas des expériences difficiles, mais parce que ce sont ces expériences difficiles qui construisent », a-t-il témoigné.
À plusieurs reprises, le ministre a insisté sur la régularité comme condition de progression.
« Répétez, répétez, soyez consistant. C’est ça qui fera que vous réussirez dans tout », a-t-il insisté.
La responsabilité de celui qui prend la parole
Patrick Muyaya a également évoqué la circulation des informations sur les réseaux sociaux. Il a invité les jeunes à prendre le temps de vérifier les contenus avant de les partager.
« Chacun d’entre nous, quand on reçoit quelque chose, surtout des mauvaises nouvelles sur WhatsApp, la première chose que vous faites, vous ne vérifiez même pas si c’est vrai ou non. Vous partagez », a-t-il relevé.
Cette question rejoint les enjeux de désinformation auxquels le ministre s’est déjà exprimé publiquement, notamment en appelant au renforcement du fact-checking en RDC.
Parlant de sa fonction de porte-parole, il a également placé la vérité au centre de la communication publique.
« Quand vous êtes porte-parole du gouvernement, dans un pays comme le nôtre, la vérité doit être le centre de votre message. Même si vous avez des faiblesses, n’ayez pas honte. Même si ça n’a pas marché, dites-le », a-t-il déclaré.
Un propos qui a prolongé l’échange sur la communication, la responsabilité et le rapport aux informations diffusées au public.
Des certificats et des bourses pour clôturer la session
Après les échanges, la session s’est également distinguée par l’octroi de cinq bourses, dont ont bénéficié publiquement trois jeunes femmes et deux jeunes hommes. Cinq autres bénéficiaires ont, pour leur part, été désignés de manière confidentielle.
La cérémonie a ainsi refermé une matinée consacrée à la transmission d’expérience, mais aussi à la valorisation des efforts accomplis par les apprenants.
« Les grands défis façonnent les grands hommes », a conclu Patrick Muyaya.
À travers « Tell Us More », New Hope College aura ainsi créé un espace de rencontre entre une génération en formation et une personnalité venue partager non seulement sa fonction, mais surtout les détours, les apprentissages et les difficultés qui ont marqué son parcours.
Lydia Mangala


