L’héritage des pères fondateurs ne doit pas rester un simple souvenir. C’est le message central porté par Anicet Mifia Mulala lors de la conférence commémorative du 62ᵉ anniversaire du Parti lumumbiste unifié (PALU), organisée samedi 29 août 2026 au Musée national de la République démocratique du Congo.
Intervenant sur le thème « Le projet lumumbiste à l’épreuve du temps : actualités et perspectives », le conférencier a articulé son intervention autour d’une interrogation essentielle : que faisons-nous aujourd’hui de l’héritage transmis par les fondateurs de la République ?
Une question qui, selon lui, oblige les générations actuelles à dépasser la simple commémoration.
De l’héritage à la responsabilité
Après les rappels historiques consacrés aux fondateurs et à leur combat, Anicet Mifia Mulala a estimé que le moment était venu de regarder vers l’avenir.
Être à la suite des fondateurs, a-t-il expliqué, ne consiste pas seulement à regarder derrière soi. C’est également accepter d’assumer une responsabilité pour l’avenir.
Cette responsabilité implique de préserver les valeurs qui ont marqué le combat nationaliste tout en réfléchissant à leur traduction dans les réalités contemporaines.
Le projet politique avant le « lumumbisme »
L’intervenant est également revenu sur la période précédant l’indépendance.
Selon son exposé, les nationalistes congolais portaient déjà un projet politique fondé notamment sur le nationalisme progressiste et la volonté de construire un État véritablement indépendant et souverain.
Il a rappelé que le terme « lumumbisme » s’est progressivement imposé pour désigner l’héritage politique et idéologique associé à Patrice Lumumba et à son combat.
Pour Anicet Mifia Mulala, cette évolution terminologique ne doit toutefois pas faire perdre de vue la nécessité de préserver une vision politique et de réfléchir aux conditions de sa mise en œuvre.
Un projet à confronter aux réalités actuelles
Le principal défi consiste désormais, selon lui, à confronter cet héritage aux problèmes actuels de la société congolaise.
La souveraineté, l’émancipation, la justice sociale et la gouvernance ne peuvent rester de simples concepts hérités de l’histoire. Ils doivent trouver une traduction concrète dans la vie quotidienne du peuple congolais.
C’est précisément sur ce terrain que se joue, selon le conférencier, la pertinence actuelle du projet lumumbiste.

« Que faisons-nous de l’héritage qui nous a été transmis par nos pères fondateurs ? », a-t-il interrogé.
Anicet Mifia Mulala a résumé le défi lancé aux militants et aux nouvelles générations de conserver la mémoire, certes, mais surtout lui donner une portée concrète pour le présent et l’avenir.
Car être héritier ne consiste pas uniquement à préserver un passé. Il s’agit aussi de transformer cet héritage en action.
Ben Mandjolo


