La République démocratique du Congo doit désormais passer du statut de pays riche en ressources naturelles à celui d’une véritable puissance industrielle capable de transformer localement ses minerais stratégiques. C’est le message porté par François Mpuila Mukendi, Directeur des Études et expert à l’intégration régionale au Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), lors de la dernière journée de la DRC Mining Week 2026 à Lubumbashi.
Intervenant au cours d’un panel consacré aux investissements dans l’énergie et à l’industrialisation, le représentant du FPI a insisté sur la nécessité pour la RDC de définir une stratégie claire de développement industriel autour de ses ressources minières, notamment le cuivre, le cobalt, le lithium et l’étain, devenus incontournables dans les chaînes de valeur mondiales liées à la transition énergétique.
« Il ne suffit plus de parler du potentiel de la RDC. Nous devons identifier les filières prioritaires et construire une stratégie cohérente de transformation locale », a déclaré François Mpuila devant un auditoire composé d’investisseurs, d’experts et d’acteurs du secteur minier.
Pour lui, l’enjeu n’est plus seulement d’extraire les minerais, mais de créer davantage de valeur sur le territoire national à travers le développement d’industries capables de transformer ces ressources et de générer des emplois durables.
Au cœur de son intervention, François Mpuila Mukendi a rappelé que le développement industriel ne peut être envisagé sans des infrastructures adaptées, en particulier dans le secteur énergétique.
« Aucun pays ne s’est développé sans avoir préalablement résolu la question des infrastructures », a-t-il souligné.
Dans cette perspective, le Fonds de Promotion de l’Industrie poursuit son engagement dans le financement de projets structurants destinés à soutenir l’activité industrielle. Parmi eux figure notamment la centrale hydroélectrique de Movo, développée en partenariat avec la Société nationale d’électricité (SNEL), qui devrait fournir près de 20 mégawatts aux opérateurs industriels.
Selon le représentant du FPI, l’amélioration de l’accès à l’énergie constitue un levier essentiel pour attirer les investissements productifs, renforcer la compétitivité des entreprises et accélérer la transformation locale des matières premières.
François Mpuila a également insisté sur la nécessité de développer des projets capables de répondre aux exigences des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux.
S’inscrivant dans la dynamique promue par la Banque africaine de développement (BAD), il a plaidé pour la conception de projets structurés et financièrement viables, susceptibles de mobiliser davantage de capitaux privés.
Cette approche se traduit notamment par le partenariat noué entre le FPI et l’Industrial Development Corporation (IDC) d’Afrique du Sud. Cette collaboration vise à cofinancer des projets industriels stratégiques et à renforcer l’intégration économique régionale à travers le développement de chaînes de valeur partagées.
Le Directeur des Études du FPI estime que l’industrialisation de la RDC dépend également de la qualité de son environnement des affaires.
Il a ainsi mis en avant plusieurs conditions indispensables à la réussite de cette ambition, notamment la sécurité juridique des investissements, la stabilité fiscale ainsi que le renforcement des compétences nationales.
Pour François Mpuila, la transformation locale des ressources minières ne pourra produire tous ses effets que si elle s’accompagne d’un cadre économique prévisible et d’investissements soutenus dans le capital humain.
Le FPI réaffirme sa vision d’une RDC qui ne se contente plus d’exporter ses matières premières, mais qui bâtit progressivement une économie industrielle capable de créer davantage de richesse, d’emplois et de valeur ajoutée sur son territoire.
Dans un contexte mondial marqué par une demande croissante en minerais critiques, l’institution estime que le moment est venu pour le pays de franchir une nouvelle étape de son développement économique.
Lydia Mangala


