La République démocratique du Congo a pris part, jeudi 18 juin à Accra au Ghana, à la Conférence consultative de haut niveau consacrée à la mise en œuvre de la résolution A/RES/80/250 de l’Assemblée générale des Nations Unies, relative à la traite transatlantique des esclaves africains et à la justice réparatrice.
La délégation congolaise était conduite par la Ministre d’État, Thérèse Kayikwamba Wagner, qui a porté la voix de la RDC dans les discussions axées sur la reconnaissance historique, la réparation des injustices et la construction d’un cadre d’action international plus équitable.

Dans son intervention, la Ministre d’État a rappelé que cette question revêt une résonance particulière pour la République démocratique du Congo, dont l’histoire a été profondément marquée par l’esclavage, la colonisation et diverses formes d’exploitation.
Elle a souligné que ces héritages continuent d’avoir des répercussions contemporaines, dans un contexte où le pays, malgré ses immenses richesses naturelles et son rôle stratégique dans la transition énergétique mondiale, reste confronté à des défis sécuritaires et humanitaires majeurs.
La cheffe de la diplomatie congolaise a mis en contraste le potentiel économique exceptionnel de la RDC, notamment dans les minerais critiques essentiels à la transition énergétique, avec la réalité vécue par une grande partie de la population.
Elle a rappelé que des millions de Congolais continuent de subir les effets de conflits armés récurrents et d’une crise humanitaire persistante, freinant le développement et l’épanouissement du pays.
Dans un message adressé à la communauté internationale, Thérèse Kayikwamba Wagner a insisté sur la nécessité de dépasser la simple reconnaissance historique pour aller vers des mécanismes concrets de réparation et de justice.
« La mémoire sans justice demeure une blessure ouverte. La justice sans action demeure une promesse inachevée », a-t-elle déclaré, appelant à la mise en place d’un programme d’action international capable de corriger les inégalités structurelles héritées du passé.

La Ministre d’État a exhorté les partenaires internationaux à travailler à des solutions durables, fondées sur l’équité, la reconnaissance des préjudices historiques et la promotion de réparations concrètes.
Pour la RDC, cette dynamique doit contribuer à renforcer la justice historique tout en soutenant les efforts de développement, de stabilité et de prospérité des peuples africains.
Cette intervention entre dans une série d’initiatives diplomatiques visant à replacer les questions de mémoire, de justice et de réparation au cœur des débats internationaux contemporains.
Lydia Mangala


