Papa nous répétait souvent cette phrase quand j’étais ado. Chez lui, l’erreur n’était pas une option.
Pour ceux qui l’ignorent , mon papa est pasteur. Alors, à l’église, à cette époque, plusieurs filles sont tombées enceintes. C’était la honte pour leurs familles. Certaines mamans ont même arrêté de venir. Et les rumeurs disaient qu’on attendait maintenant les enfants du pasteur…
Moi, j’avais un ami que j’aimais bien, mais j’ai coupé les ponts cette période là car j’étais terrifiée. Je faisais même des cauchemars où j’étais enceinte et on me chassait de la maison.
Une des filles de l’église qui était tombée enceinte avait dû arrêter l’école le temps d’accoucher. Contrairement à la pratique courante à Kinshasa, sa mère ne l’avait pas envoyée vivre chez la famille du garçon.
Après la naissance du bébé, elle a repris les cours, obtenu son diplôme d’État, et a grandi aux côtés de sa fille, qu’on prenait souvent pour sa petite sœur.
Aujourd’hui, cette fille-mère qu’on pointait du doigt est devenue une femme d’affaires accomplie, mariée, respectée.
On oublie souvent que pour faire un enfant, il faut être deux. Mais la faute, c’est presque toujours sur la fille.
Je soutiens la décision de ne plus exclure les filles enceintes de l’école en République démocratique du Congo, mais je pense aussi qu’on doit leur parler franchement : faire un enfant quand on est encore enfant, ce n’est pas une bonne idée.
Mon père ne nous expliquait pas les conséquences liées au fait d’avoir un enfant sans emploi et sans toit. Il utilisait la peur pour nous protéger. Mais, s’il nous avait dit qu’on ne peut pas être parent quand on dépend encore de ses parents, qu’un enfant demande des moyens, du temps, peut-être qu’on aurait compris.
Les parents doivent parler de sexualité à leurs enfants. Et si leurs enfants veulent tout de même explorer, qu’au moins ils sachent comment se protéger.
Et vous, qu’en pensez-vous ?


