Dans le cadre de renforcement de leur coopération judiciaire, la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine ont signé un accord de donation portant sur un bâtiment préfabriqué moderne de 144 m² destiné au tribunal mobile pour enfants.
Cet appui matériel, officialisé ce mardi 9 décembre 2025 au ministère de la Justice à Kinshasa, symbolise une avancée majeure dans l’effort national de modernisation de la justice pour mineurs.
Un pas décisif vers une justice plus proche des enfants
Ce bâtiment préfabriqué, conçu pour être déployé directement au sein des communautés, permettra aux tribunaux pour enfants de se déplacer dans différentes zones du pays.
Grâce à cette mobilité, la justice juvenile deviendra plus rapide, plus accessible et plus respectueuse des droits des mineurs.
Sous l’égide du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, cette initiative répond au besoin de rapprocher le système judiciaire des populations tout en offrant aux enfants en conflit avec la loi un cadre digne et adapté.
Dans son intervention, le ministre Ngefa a souligné la portée symbolique et pratique de ce nouveau dispositif.
« Améliorer les conditions de rééducation des enfants en conflit avec la loi est essentiel et s’inscrit dans le principe fondamental de la protection des droits de l’enfant », a-t-il rappelé, insistant sur l’urgence d’infrastructures adaptées à la réalité du terrain.
Une coopération stratégique consolidée
La cérémonie de signature, présidée par le cabinet du ministre d’État, a réuni plusieurs hautes personnalités, parmi lesquelles l’ambassadeur de Chine Zhao Bin, le ministre conseiller Wang Hailong, le directeur général de China First Highway Engineering, Frank Fan Wei, ainsi que les principaux responsables du ministère de la Justice.
L’accord, conclu entre le directeur de cabinet Gaston Osango et le ministre conseiller de l’ambassade de Chine, concrétise plusieurs mois de discussions axées sur le renforcement des capacités judiciaires de la RDC.
Pour l’ambassadeur Zhao Bin, cette offre s’inscrit dans une vision commune définie dès sa première rencontre avec le ministre d’État.
« La RDC est un pays très jeune, où la population d’enfants dépasse celle des adultes », a-t-il rappelé, ajoutant que cette contribution constitue un engagement concret de la Chine à soutenir la construction d’une justice plus solide et le développement socio-économique du pays.
Un outil pensé pour protéger et responsabiliser
Le bâtiment préfabriqué de 144 m² comprend une salle d’audience, des bureaux destinés aux magistrats et aux greffiers, ainsi que l’ensemble des équipements nécessaires pour garantir un traitement digne et adapté des dossiers impliquant des mineurs.
Selon le directeur de cabinet Gaston Osango, cette infrastructure répond directement à la quatrième priorité du mandat du ministre d’État, qui consiste à lutter contre le désert judiciaire.
Il a précisé que si plusieurs partenaires avaient été sollicités, la Chine est la première à répondre favorablement à cet appel, démontrant une solide coopération dans le domaine de la justice.
Mettant en avant la forte proportion d’enfants dans la population congolaise, il a expliqué que cette catégorie vulnérable devait être placée au centre des préoccupations institutionnelles.
L’arrivée de ce tribunal mobile représente ainsi un premier jalon dans une politique plus ambitieuse visant à rendre la justice plus humaine et plus proche des réalités sociales.
Une initiative alignée sur la vision du Chef de l’État
Ce projet s’inscrit pleinement dans la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place la modernisation de la justice au cœur de son mandat.
La mise en circulation de tribunaux mobiles spécialisés constitue une innovation structurelle qui vise à améliorer la célérité, l’équité et l’accessibilité des services judiciaires.
En consolidant la coopération judiciaire entre la RDC et la Chine, cette initiative ouvre la voie à d’autres projets structurants destinés à renforcer l’État de droit tout en garantissant une meilleure prise en charge des enfants en conflit avec la loi.
Elle constitue une avancée tangible dans la construction d’une justice moderne, crédible et véritablement tournée vers la protection des droits de l’enfant.
Lydia Mangala


