La République démocratique du Congo veut désormais s’imposer comme un acteur incontournable de la chaîne de valeur mondiale des minerais stratégiques. C’est le message porté par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, lors du lancement officiel de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, le mercredi 17 juin à Lubumbashi.
Organisé du 17 au 19 juin au Pullman Grand Karavia sous le thème « La transformation de la RDC : d’acteur local à plaque tournante mondiale des minéraux critiques », ce rendez-vous annuel réunit plusieurs centaines d’acteurs du secteur minier, d’investisseurs, de partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants des pouvoirs publics.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Salombi Molendo, du gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, de membres du corps diplomatique et consulaire ainsi que de nombreux opérateurs économiques.
Dans son allocution, Louis Watum Kabamba a rappelé la place centrale qu’occupe aujourd’hui la RDC dans l’approvisionnement mondial en minerais critiques indispensables à la transition énergétique.
Le ministre a notamment souligné les performances enregistrées par le pays au cours des dernières années, avec une production de près de 3,5 millions de tonnes de cuivre en 2025 et le maintien de son statut de premier producteur mondial de cobalt.
Il a également annoncé une avancée majeure pour le secteur minier congolais avec le démarrage attendu de la première production commerciale de lithium au cours du second semestre 2026.
Pour le patron des Mines, ces ressources exceptionnelles placent la RDC dans une position comparable à celle qu’occupait autrefois l’Arabie saoudite grâce au pétrole.

« Ce que l’Arabie Saoudite était dans les années 70 à cause du pétrole, c’est ce que la RDC est aujourd’hui au monde grâce à ses minerais stratégiques », a déclaré Louis Watum Kabamba.
Le ministre a insisté sur la nécessité pour le pays de franchir une nouvelle étape en développant davantage la transformation locale des minerais.
Selon lui, la RDC ne doit plus se limiter à exporter des matières premières, mais doit tirer davantage profit de ses ressources en créant des industries capables de générer des emplois et de la valeur ajoutée sur son territoire.
« Nous ne devons pas rater cette opportunité et laisser toujours les autres se servir, tandis que nous restons une simple source d’approvisionnement sans créer de richesses pour les nôtres », a-t-il affirmé.
Cette ambition s’inscrit dans la vision portée par le gouvernement visant à faire évoluer le secteur minier vers un modèle davantage orienté vers l’industrialisation, l’innovation et la participation accrue des Congolais dans la création de richesse.
Pour atteindre cet objectif, Louis Watum Kabamba a présenté plusieurs axes prioritaires de réforme. Il a notamment évoqué la modernisation de l’administration minière, la digitalisation des services, le renforcement de la recherche géologique ainsi que l’amélioration des mécanismes de contrôle et de traçabilité des minerais.

Ces réformes visent à renforcer la transparence du secteur et à offrir aux investisseurs un environnement plus attractif et plus compétitif.
Le ministre a également mis l’accent sur l’importance d’une meilleure participation des Congolais au capital des entreprises minières afin que les bénéfices de l’exploitation des ressources naturelles profitent davantage à l’économie nationale.
La question des infrastructures a également occupé une place importante dans son intervention. Louis Watum Kabamba a rappelé que le développement du secteur minier dépend étroitement de la disponibilité de l’énergie, de la qualité des réseaux de transport et de la performance des corridors logistiques.
L’amélioration des infrastructures énergétiques, ferroviaires et portuaires figure ainsi parmi les priorités du gouvernement pour renforcer la compétitivité de l’industrie minière congolaise sur les marchés internationaux.
Durant trois jours, la DRC Mining Week servira de cadre d’échanges sur plusieurs thématiques stratégiques, notamment la transformation locale des minerais, la transition énergétique, le financement des infrastructures, l’innovation technologique et la digitalisation des opérations minières.
Pour les autorités congolaises, cette rencontre doit déboucher sur des partenariats concrets capables d’accompagner la transformation structurelle du secteur.
Clôturant son intervention, Louis Watum Kabamba a invité les investisseurs et partenaires à accompagner la RDC dans cette nouvelle dynamique.
« Mon vœu est que cette édition soit porteuse de solutions concrètes, de partenariats ambitieux et d’engagements renouvelés en faveur d’une exploitation minière qui profite d’abord au peuple congolais », a-t-il conclu avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de la DRC Mining Week 2026.
La République démocratique du Congo affiche son ambition de faire de ses immenses richesses minières non seulement un avantage géologique, mais surtout un puissant levier d’industrialisation, de création d’emplois et de développement durable.
Lydia Mangala


