Près d’une semaine après les affrontements survenus lors de la manifestation du 12 juin à Kinshasa, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a décidé de briser le silence. Dans une démarche qu’il veut inclusive et impartiale, le garde des Sceaux a engagé une série de consultations avec les principales forces politiques et acteurs de la société civile afin d’éclairer les circonstances exactes des événements survenus aux abords du Palais du Peuple.
Le cabinet du ministre a ainsi pris contact avec plusieurs partis de l’opposition, notamment l’ECiDé, l’A.Ch, ENVOL ainsi qu’Ensemble pour la République. Dans la même dynamique, des institutions comme le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) ainsi que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont également été sollicitées pour contribuer à cet effort de clarification et de vérité.
Cette initiative intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des contestations autour d’une proposition de réforme constitutionnelle. L’opposition soupçonne en effet ce projet d’ouvrir la voie à une modification de la Constitution susceptible de permettre une éventuelle prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi au-delà de 2029. Un climat de méfiance qui a contribué à envenimer les tensions dans la rue.
Parallèlement à ces consultations, le ministère de la Justice a instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire afin de faire toute la lumière sur ces incidents. Cette procédure vise à établir les responsabilités éventuelles dans le strict respect des droits de la défense.
Le ministre Guillaume Ngefa, qui s’était rendu sur le terrain le jour des faits pour constater la situation et apporter son soutien aux blessés, entend ainsi marquer une volonté de transparence et de redevabilité de l’action publique.
Les versions des événements du 12 juin demeurent toutefois contradictoires. Les autorités provinciales de Kinshasa évoquent un bilan limité aux blessés, sans perte en vies humaines, tandis que l’opposition parle de morts et de destructions matérielles importantes.
Dans ce contexte, l’enquête judiciaire annoncée apparaît comme une étape cruciale pour établir les faits, clarifier les responsabilités et contribuer à l’apaisement du climat politique dans la capitale.
Joëlle Luniongo


