Le président Félix Tshisekedi a tenu des propos particulièrement virulents à l’égard de son prédécesseur, Joseph Kabila, lors d’une rencontre avec la diaspora congolaise à Houston, aux États-Unis, en marge de la Coupe du monde 2026.
Profitant de cette tribune, le chef de l’État est revenu sur plusieurs épisodes de l’histoire récente de la République démocratique du Congo, notamment les événements ayant suivi l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001.
Dans une intervention au ton offensif, Félix Tshisekedi a accusé des puissances étrangères d’avoir influencé la succession à la tête de l’État congolais après la disparition de Laurent-Désiré Kabila. Selon lui, ce dernier aurait été éliminé en raison de son opposition à certains intérêts extérieurs.

« Ils ont tué un fils du pays qui était à la tête de notre nation parce qu’il s’était révolté contre eux. Ils ont par la suite imposé leur chien qu’ils pouvaient bien manipuler », a-t-il déclaré devant ses partisans.
Sans le citer immédiatement par son nom, le Président faisait référence à Joseph Kabila, qui avait accédé à la magistrature suprême quelques jours après l’assassinat de son père.
Félix Tshisekedi a également évoqué ce qu’il considère comme une période de résignation collective ayant favorisé, selon lui, l’influence d’acteurs étrangers sur les affaires du pays. Il a estimé qu’une partie de la population avait fini par perdre confiance dans sa capacité à changer le cours de son histoire.
Pour le chef de l’État, cette situation aurait permis à des intérêts extérieurs de renforcer leur emprise sur les institutions nationales pendant plusieurs années.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre les deux anciens alliés. Après avoir gouverné ensemble dans le cadre de la coalition FCC-CACH à partir de 2019, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ont progressivement rompu leurs relations politiques, ouvrant une période de confrontation entre leurs camps respectifs.
Les propos tenus à Houston constituent l’une des attaques les plus directes du président Tshisekedi contre son prédécesseur depuis leur rupture politique. Ils témoignent d’une volonté assumée de relire l’histoire récente de la RDC à travers le prisme des enjeux de souveraineté nationale et des influences étrangères.
Cette sortie risque de susciter de nouvelles réactions dans la classe politique congolaise, alors que les débats autour de l’héritage politique de Joseph Kabila et de la gouvernance du pays demeurent au cœur de l’actualité nationale.
Joëlle Luniongo


